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Pourquoi les banques centrales abandonnent-elles leurs anciennes prévisions d'inflation ?

ParJai HamidJai Hamid
3 minutes de lecture -
banques centrales
  • Les banques centrales, comme la Banque d'Angleterre et la BCE, délaissent les prévisions d'inflation traditionnelles au profit d'analyses à scénarios multiples.
  • Cette modification vise à pallier l'imprévisibilité des tendances économiques et les sous-estimations passées des prévisions d'inflation.
  • La BCE se concentre désormais sur l'impact des variations des prix de gros et de la divergence des prix du pétrole et du gaz sur l'inflation.

L'ère des prévisions économiques simplistes des banques centrales semble révolue. Fini le temps où une simple projection suffisait à prédire l'avenir financier. Les banques centrales du monde entier, dont la Banque d'Angleterre (BoE) et la Banque centrale européenne (BCE), changent de cap et privilégient désormais une approche plus dynamique pour anticiper l'inflation. Ce changement n'est pas un caprice ; il répond à un contexte économique de plus en plus imprévisible.

S'éloigner des prévisions traditionnelles

La Banque d'Angleterre est à l'avant-garde de cette nouvelle orientation. Huw Pill, son économiste en chef, suggère que la présentation de multiples scénarios économiques pourrait s'avérer plus efficace que le recours aux méthodes traditionnelles telles que les prévisions par diagramme en éventail. Cette méthode, bien qu'innovante à son époque, semble aujourd'hui inadaptée pour communiquer la complexité des probabilités des tendances économiques futures. Sarah Breeden, vice-gouverneure de la Banque d'Angleterre, partage cet avis et souligne l'utilité de scénarios variés pour faire face aux chocs économiques actuels.

La BCE suit une voie similaire, en produisant diverses analyses de sensibilité concernant l'inflation. Ces analyses examinent différents scénarios potentiels, tels que les fluctuations de la croissance salariale ou un nouveau choc d'approvisionnement énergétique. Cependant, le parcours n'a pas été sans embûches. Les prévisions de la BCE dans le cadre du « scénario le plus pessimiste », même celles prenant en compte des réductions importantes des approvisionnements en gaz russe, n'ont pas anticipé la forte hausse de l'inflation observée dans la zone euro. Cette erreur d'appréciation a conduit à une réévaluation de ses méthodes de prévision.

Une nouvelle ère de modélisation économique

Les banques centrales analysent désormais plus en profondeur les subtilités de la dynamique économique. La BCE, par exemple, s'intéresse davantage à la transmission des variations des prix de gros aux factures d'énergie des ménages, qui diffèrent selon les pays. On ne considère plus que les prix du gaz et du pétrole soient parallèles, une conclusion tirée de leurs évolutions divergentes de l'année dernière.

L'analyse de la BCE a révélé que des hypothèses erronées concernant les prix de l'énergie étaient la principale cause de ses erreurs de prévision. Ce constat a conduit à une approche plus nuancée, prenant en compte des facteurs tels que les variations de la politique budgétaire et les comportements des consommateurs. Les banques centrales sont désormais plus attentives aux ripple des subventions publiques et de l'évolution du marché du travail sur l'inflation.

Prévoir en période d'incertitude

Christine Lagarde,dentla BCE, reconnaît les défis à venir. Malgré les améliorations apportées aux modèles de prévision, le besoin de données empiriques et d'un jugement éclairé demeure. La BCE s'appuie désormais moins sur les prévisions pour orienter sa politique monétaire et privilégie l'analyse des tendances des prix sous-jacents et de leur impact sur l'économie.

La Réserve fédérale américaine (Fed) s'adapte également à cette nouvelle réalité. Depuis la crise de la Covid-19, la Fed a exprimé à plusieurs reprises son inquiétude quant à l'incertitude qui plane sur les prévisions économiques et aux limites de la politique monétaire dans un tel contexte. Son président, Jay Powell, souligne la nécessité de dépasser les modèles traditionnels, notamment en ce qui concerne le lien entre la maîtrise de l'inflation et le marché du travail. Les tendances récentes suggèrent que la réduction de l'inflation n'entraînera pas nécessairement une forte hausse du chômage, laissant entrevoir la possibilité d'éviter une grave récession.

En résumé, les banques centrales s'engagent dans une démarche d'adaptation et de résilience. Le passage de prévisions ponctuelles à une approche par scénarios n'est pas qu'un simple ajustement technique ; il témoigne de la complexité et du caractère souvent imprévisible de l'environnement économique. Comme le souligne judicieusement Powell, la prévision économique est un domaine modeste, et il y a de quoi être modeste.

L'évolution des méthodes de prévision des banques centrales témoigne d'une prise en comptematic des réalités économiques en constante évolution et de la nécessité de flexibilité et d'innovation dans l'élaboration des politiques. Dans cette nouvelle ère, agilité et adaptabilité sont les maîtres mots pour les banques centrales qui doivent naviguer dans les eaux tumultueuses de l'économie mondiale.

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