Anatoly Legkodymov, le fondateur de la plateforme d'échange de cryptomonnaies Bitzlato, qui avait des liens avec le dark web, a plaidé coupable devant un tribunal de New York d'avoir exploité une entreprise de transfert d'argent sans licence.
Le ministère de la Justice (DOJ) a initialement porté des accusations contre l'actionnaire majoritaire de la plateforme d'échange basée à Hong Kong en janvier. Cette évolution constitue une étape importante dans le démantèlement des opérations illicites liées aux cryptomonnaies.
Plaidoyer de culpabilité et dissolution de Bitzlato
Lors d'une récente audience, Anatoly Legkodymov, le fondateur de Bitzlato , a reconnu avoir géré une entreprise de transfert d'argent sans licence. Les accusations du ministère de la Justice américain découlent du fait que Bitzlato aurait facilité des activités criminelles en opérant comme plateforme d'échange de cryptomonnaies avec une politique de connaissance du client (KYC) laxiste.
Le procureur américain Breon Peace a décrit Bitzlato comme une plateforme qui « s'est vendue aux criminels comme une plateforme d'échange de cryptomonnaies sans poser de questions, et a ainsi récolté des centaines de millions de dollars de dépôts »
Dans le cadre de son accord , Legkodymov prendra la décision radicale de dissoudre entièrement Bitzlato. De plus, il renoncera à toute prétention sur environ 23 millions de dollars d'actifs saisis liés à la plateforme. Bien que cela représente un coup dur pour l'infrastructure crypto du dark web, la date du prononcé de la sentence de Legkodymov n'a pas encore été fixée.
Répression de la criminalité liée aux cryptomonnaies
Le ministère de la Justice américain a déployé des efforts considérables pour lutter contre les activités criminelles liées aux cryptomonnaies. La procureure générale adjointe Lisa Monaco a souligné l'engagement du gouvernement à démanteler l'écosystème de la criminalité liée aux cryptomonnaies, déclarant :
« Nous démantelons et perturbons l’écosystème de la criminalité liée aux cryptomonnaies en utilisant tous les outils disponibles, y compris les poursuites pénales. »
En janvier, les autorités, en collaboration avec des partenaires internationaux, ont démantelé l'infrastructure de Bitzlato et saisi ses avoirs en cryptomonnaies. La condamnation de Legkodymov est le dernier résultat de ces efforts conjoints.
Il convient de noter que le département américain de la Justice et les autorités allemandes avaient déjà fermé Hydra Market en 2022, une plateforme en ligne spécialisée dans la vente de stupéfiants et d'informations financières volées. Cette plateforme était étroitement liée à Bitzlato, avec environ 700 millions de dollars de cryptomonnaies échangés entre les deux, selon les autorités.
Refus de mise en liberté sous caution et procédures judiciaires
Anatoly Legkodymov a rencontré des difficultés dans le cadre de la procédure judiciaire, notamment le refus de sa demande de mise en liberté sous caution lors d'une audience en mars. Sa détention a été motivée par son statut de ressortissant russe titulaire d'un visa aux États-Unis, ainsi que par son accès à des cryptomonnaies. Ces éléments ont suscité des inquiétudes quant au risque de fuite et à l'éventuelle utilisation des cryptomonnaies pour échapper aux autorités.
L'annonce initiale des accusations portées contre le fondateur de Bitzlato a surpris certains membres de la communauté crypto. Certains utilisateurs ont exprimé leur méconnaissance de la plateforme, soulignant ainsi le caractère opaque des plateformes liées au dark web.

