Ledent russe Vladimir Poutine se rendra en Inde le 5 décembre, dans trois semaines, pour rencontrer le Premier ministre Narendra Modi, alors même que Donald Trump intensifie la pression pour semer la discorde entre Moscou et New Delhi.
Cette visite, confirmée par Roscongress, comprend la participation de Poutine à la session plénière du Forum Russie-Inde à New Delhi cette semaine-là.
Mais l'administration Trump fait pression pour un réalignement commercial, tandis que Poutine vise à resserrer les liens avec l'Inde, l'un des rares grands pays à continuer de faire des affaires avec la Russie malgré sa guerre contre l'Ukraine, selon Bloomberg.
Lors d'un appel téléphonique en octobre, Modi et Poutine auraient clairement indiqué qu'ils n'avaient pas l'intention de mettre fin à leur partenariat de longue date.
Le gouvernement indien a déclaré que les deux dirigeants s'étaient engagés à élargir leur « partenariat stratégique spécial et privilégié », évitant d'aborder le sujet délicat (l'Ukraine) et se concentrant plutôt sur le commerce, l'énergie et la géopolitique.
Cet appel est intervenu quelques semaines après que Trump a imposé des droits de douane de 50 % sur les exportations indiennes, exigeant que l'Inde cesse d'acheter du pétrole russe bon marché. New Delhi est restée inflexible.
Trump fait pression sur l'Inde avec des droits de douane et des négociations commerciales
Trump a déclaré cette semaine aux journalistes que les États-Unis et l'Inde étaient « très proches » de conclure un accord commercial. Il a également affirmé que l'Inde avait commencé à réduire ses achats de pétrole brut russe.
Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie début 2022, l'Inde a pleinement profité des prix réduits du pétrole brut proposés par le gouvernement de Poutine. Mais Trump s'est donné pour mission de tarir cette source de revenus, espérant que les droits de douane contraindront l'Inde à agir.
Les pressions de Washington n'ont pas infléchi la position de Delhi, car l'Inde a maintes fois affirmé qu'elle ne transigerait pas sur sa sécurité énergétique. Bien qu'elle ait diversifié une partie de ses importations de pétrole, les approvisionnements russes demeurent essentiels.
Ce qui a changé , c'est que Trump, sous pression politique intérieure, brandit la menace d'une réduction des droits de douane si Modi prend ses distances avec le Kremlin. Or, jusqu'à présent, Modi ne semble pas prêt à céder, et le sommet avec Poutine ne fera que compliquer davantage la tâche de l'Inde qui tente de feindre la rupture.
La Cour pénale internationale a émis un mandat d'arrêt contre Vladimir Poutine en mars 2023, l'empêchant de se rendre dans la plupart des pays occidentaux. Cependant, l'Inde n'étant pas signataire du Statut de Rome, elle n'est pas tenue de s'y conformer. C'est pourquoi Poutine peut se rendre à New Delhi sans craindre d'être arrêté.
La dernière rencontre en personne entre Poutine, Modi et ledent chinois Xi Jinping remonte au sommet organisé par Xi à Tianjin en septembre dernier. Les trois dirigeants ont été vus en train de discuter et de rire ensemble, comme l'a rapporté Cryptopolitan .
La Russie prévoit une émission d'obligations en yuans alors que son économie est en berne
Pendant ce temps, le Kremlin s'efforce toujours de redresser ses finances. Le 2 décembre, le ministère russe des Finances lancera un appel d'offres pour ses premières obligations d'État libellées en yuans.
Chaque obligation aura une valeur de 10 000 yuans, une échéance de trois à sept ans et des paiements d'intérêts tous les 182 jours. Ces obligations à coupon fixe visent à attirer les investisseurs étrangers alors que la Russie est confrontée à une baisse de ses revenus pétroliers et à des dépenses militaires record.
Le déficit budgétaire du pays devrait atteindre 5 700 milliards de roubles, soit environ 70,3 milliards de dollars, ce qui représente environ 2,6 % du PIB. Les recettes pétrolières sont en baisse, tandis que les dépenses militaires ont explosé.
Le ministère des Finances s'était intéressé aux obligations libellées en yuan, connues sous le nom d'OFZ, bien avant que l'Occident n'impose des sanctions. Aujourd'hui, alors que les sanctions sont pleinement appliquées, la Russie se tourne vers le yuan pour survivre.
Le prix et le montant total de l'émission obligataire seront annoncés après la clôture du placement, mais le gouvernement a déjà confirmé la date de l'émission, fixée au 8 décembre à la Bourse de Moscou. Les investisseurs pourront acheter en yuans ou en roubles, selon leur préférence. Cette flexibilité permet au Kremlin de s'affranchir totalement des systèmes financiers occidentaux.
L'émission obligataire est organisée par Gazprombank, Sberbank et VTB Capital Trading, trois grandes institutions russestronliées à l'État.
Ces hommes ont pris les rênes des opérations financières depuis l'entrée en vigueur des sanctions, assurant ainsi la continuité des opérations au sein de l'économie russe, durement touchée.
En passant au yuan, ils aident Poutine à financer son budget intérieur et ses efforts militaires en cours sans dépendre des dollars américains ou des euros.
Source : site web du Kremlin.