Porsche, le constructeur automobile allemand, a annoncé le report du lancement de ses voitures électriques, invoquant un ralentissement de la demande. Le constructeur se concentre désormais sur les modèles thermiques et hybrides, ce qui devrait entraîner une perte d'un milliard de dollars pour sa maison mère, Volkswagen.
Le constructeur automobile allemand de luxe a confirmé que son nouveau SUV, pressenti pour succéder au Cayenne et connu en interne sous le nom de K1, ne sera pas commercialisé en version 100 % électrique. L'entreprise a toutefois précisé que le K1 proposera une motorisation hybride rechargeable, associée à un moteur thermique. Elle réoriente actuellement sa stratégie face à la baisse des ventes et aux pressions du marché.
Volkswagen prévoit une perte de 5,9 milliards de dollars sur son bénéfice d'exploitation en 2025
Selon un communiqué, le report du lancement d'un véhicule 100 % électrique est motivé par le ralentissement de la croissance de la demande pour ce type de véhicules. L'entreprise a confirmé que les modèles thermiques existants, tels que le Cayenne et la Panamera, continueront d'être produits, les générations suivantes étant proposées avec des motorisations essence et hybrides. La plateforme de nouvelle génération pour véhicules électriques, initialement prévue pour les années 2030, sera entièrement repensée en collaboration avec les autres marques du groupe Volkswagen.
Conformément à l'évolution de la stratégie à long terme de Porsche, plusieurs modèles clés restent sur tracvoie, notamment le futur Cayenne électrique en versions standard et SUV coupé, le Macan électrique et un coupé sport du segment 718. Le constructeur allemand a également insisté sur le fait que la gamme électrique actuelle, incluant la Taycan, reste sur trac.
Oliver Blume, PDG de Porsche et du groupe Volkswagen, a révélé que l'industrie automobile connaît actuellement des changements et que, pour s'adapter aux réalités du marché et à l'évolution des demandes des clients, l'entreprise doit se réorganiser sur tous les plans.
Volkswagen a confirmé que son résultat d'exploitation annuel sera impacté à hauteur de 5,9 milliards de dollars. Le premier constructeur automobile européen va également déprécier sa participation dans Porsche de 3,52 milliards de dollars, aggravant ainsi ses pertes de l'année. Le groupe a précisé que le retard pris dans la production de véhicules 100 % électriques pourrait impacter ses résultats à hauteur d'environ 2,11 milliards de dollars, un élément qui n'avait pas été pris en compte dans les prévisions précédentes.
Porsche abaisse ses prévisions de bénéfices pour 2025 à 2 %, contre 5 à 7 % précédemment
Porsche a revu à la baisse ses prévisions pour l'année suite à l'évolution du marché. Le constructeur automobile allemand de luxe maintient son chiffre d'affaires entre 37 milliards d'euros (43,46 milliards de dollars) et 38 milliards d'euros (44,63 milliards de dollars). La marge opérationnelle a été révisée à 2 %, contre 5 % à 7 % précédemment. Le groupe Volkswagen a également revu à la baisse ses prévisions de marge pour 2025, les situant entre 4 % et 5 % et se situant désormais entre 2 % et 3 %.
Le Dr Jochen Breckner, directeur financier et technologique, a révélé qu'avec un plan clair désormais établi, l'entreprise se réorganise pour assurer son succès à long terme malgré le contexte difficile actuel. Il a reconnu que ces changements ont eu un impact négatif sur les résultats financiers à court terme, mais a réaffirmé qu'ils sont essentiels pour la pérennité de l'entreprise.
Porsche Cayenne a évoqué plusieurs autres facteurs ayant contribué à ce changement de cap stratégique, notamment la guerre commerciale avec les États-Unis, la baisse de sa part de marché sur le segment du luxe en Chine et la concurrence accrue de BYD, constructeur chinois de véhicules électriques. Cryptopolitan traité de ce sujet, soulignant que BYD a lancé en juin, à Rome, la Dolphin Surf, une berline compacte. Ce modèle bénéficie d'une forte visibilité et est proposé à un prix abordable de 18 650 £ au Royaume-Uni, concurrençant ainsi les modèles européens haut de gamme déjà présents sur le marché, tels que la Renault 5 E-Tech, la Citroën e-C3 et la Fiat 500e.
De hauts responsables de Stellantis, BMW et Mercedes-Benz ont rencontré ladentde la Commission européenne, Ursula von der Leyen, afin de discuter d'objectifs d'émissions plus souples. L'UE a fixé à 2035 la date butoir pour l'interdiction des voitures neuves à essence et diesel, mais les constructeurs automobiles estiment que cet objectif est irréaliste compte tenu de la conjoncture actuelle.

