Dans un affrontement juridique susceptible de redéfinir le paysage de l'intelligence artificielle et son intégration à la diffusion de l'information, le New York Times a intenté une action en justice contre ChatGPT d'OpenAI et Bing Chat de Microsoft. Le Times allègue non seulement une violation massive du droit d'auteur, mais aussi la propagation d'informations inexactes attribuées à cessteemorganisations de presse.
La véritable information ici est la démarche audacieuse du New York Times, qui accuse OpenAI et Microsoft de reproduire son contenu mot pour mot et de diffuser de fausses informations. Cette plainte met en lumière les risques liés aux grands modèles de langage (LLM), et plus particulièrement le phénomène d’« hallucinations » de l’IA.
La bataille juridique se poursuit
Accusant OpenAI et Microsoft de reproduction non autorisée de contenu protégé par le droit d'auteur, le New York Times leur reproche d'avoir entraîné leurs chatbots sur des documents non publics et protégés. Le journal cite des cas où des requêtes adressées à ChatGPT ont abouti à la reproduction textuelle d'extraits d'articles payants, soulevant des inquiétudes quant à la reproduction non autorisée de contenus inaccessibles.
La plainte souligne la fréquence des « hallucinations » de l'IA, citant un exemple alarmant : Bing Chat aurait « complètement inventé » un paragraphe d'un article du Times, incluant des citations attribuées à Moira Forbes, la fille de Steve Forbes, qui n'apparaissaient ni dans l'article original ni ailleurs sur Internet. Autre exemple : Bing Chat aurait généré une liste d'aliments bons pour le cœur à partir d'un article du Times, alors que 12 des 15 aliments mentionnés n'y figuraient pas.
Le principal grief du Times réside dans les risques potentiels liés à la désinformation diffusée par ces modèles d'IA. Le journal soutient que les utilisateurs effectuant une recherche d'informations sur un moteur de recherche devraient recevoir des liens précis vers les articles originaux, et non des copies non autorisées ou des contrefaçons inexactes.
Impact sur le marché et dilemmes éthiques
Alors que des experts juridiques analysent l'affaire, certains rapports suggèrent que le New York Times pourrait adopter une positiontronferme en raison du préjudice potentiel pour le marché. La plainte détaille des cas où la reproduction de contenus protégés pourrait réduire le nombre d'abonnés du journal. Paradoxalement, cela pourrait entraîner des répercussions négatives contre les entreprises d'intelligence artificielle si les utilisateurs privilégient les contenus protégés aux abonnements traditionnels à la presse.
Noah Feldman, chroniqueur réputé chez Bloomberg, donne son avis sur la question, suggérant que le fait de détourner des clients du New York Times pourrait se retourner contre OpenAI et Microsoft. Il soutient que ces géants de l'IA ont besoin de médias fiables pour pouvoir proposer des informations dignes de confiance dans leurs services. Feldman postule ainsi une obligation rationnelle et économique pour les entreprises d'IA de rémunérer les informations qu'elles utilisent.
Réponse d'OpenAI et dialogue en cours avec le New York Times
OpenAI, prise au dépourvu par la procédure judiciaire engagée par le Times, se dit surprise et déçue. L'entreprise souligne son engagement à respecter les droits des détenteurs de droits et indique être en discussion avec le New York Times. En novembre, OpenAI avait annoncé le lancement de Copyright Shield, un programme proposant de prendre en charge les frais encourus par ses clients suite à des poursuites pour violation de droits d'auteur, témoignant ainsi d'une volonté de répondre aux préoccupations juridiques.
Alors que la bataille juridique se poursuit, des questions persistent quant à l'avenir de l'intégration de l'IA dans la diffusion de l'information et aux responsabilités éthiques des géants de la technologie comme OpenAI et Microsoft. Ces entreprises parviendront-elles à concilier innovation et respect de la propriété intellectuelle des médias ? Le New York Times a lancé un défi, réclamant des milliards de dollars de dommages et intérêts. L'issue de ce conflit juridique pourrait façonner la dynamique future entre l'IA, les médias et l'équilibre délicat de la diffusion de l'information à l'ère numérique. Quel impact ce procès aura-t-il sur l'évolution des relations entre le journalisme traditionnel et l'intelligence artificielle de pointe ?

