Meta défie Google en créant son propre moteur de recherche basé sur l'IA

- Meta développe son propre moteur de recherche basé sur l'IA pour s'affranchir de sa dépendance à Google et à Bing de Microsoft.
- Ils ont lancé NotebookLlama, une IA qui tente (mais échoue) de créer des résumés de fichiers au format podcast, avec un son robotique et saccadé.
- Meta vient de conclure un accord avec Reuters pour alimenter son chatbot en actualités en temps réel, alors qu'elle réduit sa dépendance aux sources d'information traditionnelles.
Meta Platforms développe son propre moteur de recherche, avec l'ambition de surpasser Google et Microsoft. Jusqu'à présent, son chatbot IA dépendait de Bing (Microsoft) pour obtenir des données sur les résultats sportifs, l'actualité et les cours boursiers. Désormais, l'entreprise souhaite s'en affranchir et gérer l'ensemble de ses services en interne.
Cette semaine, la dernière offensive de Meta a fait chuter l'action Alphabet de 0,8 %, sans surprise. Dans le même temps, l'action Meta a progressé de 0,3 %. Il semblerait que Wall Street apprécie l'audace de Meta.
NotebookLlama : la réponse de Meta à l’IA de podcast de Google
Meta a également lancé NotebookLlama, une application concurrente directe de NotebookLM de Google. Cette fonctionnalité d'IA prend des documents (comme des PDF ou des articles) et génère des résumés au format podcast.
Meta utilise ici son propre modèle Llama, NotebookLlama ajoutant une « dramatisation » et des échanges informels pour donner au contenu un aspect plus authentique, comme un véritable podcast. Le problème ? Le résultat reste robotique. Les voix se coupent brusquement, et on est loin d'une conversation humaine.
Meta reconnaît que le système présente des imperfections. Son équipe a même admis que le modèle de synthèse vocale rend le discours peu naturel, déclarant : « Le modèle de synthèse vocale limite le naturel du discours. » Ils envisagent d'ajouter deux agents IA pour débattre du sujet, au lieu du modèle unique actuellement utilisé.
Soyons honnêtes, aucun podcast d'IA — pas même celui de Google — n'a encore trouvé la formule magique. Les podcasts générés par l'IA continuent d'inventer des choses (d'halluciner, comme ils aiment à le dire) et de balancer des « faits » aléatoires qui n'existent pas.
Meta conclut un accord sur l'IA avec Reuters
Vendredi dernier, Meta a signé un accord avec Reuters pour alimenter son chatbot IA en contenus d'actualité fiables. Cette décision intervient après des années de réduction de la couverture de l'actualité par Meta, notamment suite aux critiques constantes concernant la désinformation et les litiges relatifs au partage des bénéfices.
L'accord est simple : ils reçoivent des informations en temps réel ; Reuters est rémunéré. Les détails financiers ? Non divulgués. Mais selon Axios, il s'agirait probablement d'un contrat pluriannuel. Grâce à ce système, l'IA de Meta résumera les articles de Reuters et y proposera des liens lorsque les utilisateurs poseront des questions d'actualité.
Meta reste flou quant à savoir si le contenu de Reuters servira à l'entraînement de ses modèles linguistiques. Reuters, de son côté, a confirmé son partenariat visant à fournir du contenu factuel pour alimenter les systèmes d'IA, sans donner plus de détails.
D'autres acteurs de l'IA, comme OpenAI et Perplexity (soutenu par Jeff Bezos), ont conclu des accords similaires. Le partenariat de Meta avec Reuters n'est pas tout à fait nouveau ; ils collaborent depuis 2020 sur la vérification des faits.
L'augmentation des dépenses et des revenus de Meta en matière d'IA
Meta investit massivement dans l'IA. Wall Street estime que les dépenses totales de Meta pour cette année atteindront 40 milliards de dollars, dont une part importante sera consacrée à l'IA.
Les analystes prévoient un bénéfice par action de 5,21 $ pour Meta au troisième trimestre, soit un bénéfice net de 13,49 milliards de dollars, en hausse de 16 % par rapport à l'année dernière. Le chiffre d'affaires devrait également progresser de 18 % pour atteindre 40,19 milliards de dollars.
L'approche dite « non interventionniste » de Meta en matière de politique se traduit par la suppression algorithmique de tout contenu de près ou de loin politique sur ses plateformes de médias sociaux, en particulier pendant les périodes électorales. Mentionnez simplement le mot « vote », et votre publication risque de disparaître.
Les incohérences internes sont également difficiles à ignorer. Un article de The Intercept a révélé que Jordana Cutler, responsable de la politique israélienne chez Meta, a ciblé des groupes pro-palestiniens sur Instagram, les qualifiant de « blacklistés » sans fondement. Meta a qualifié cet article d'« irresponsable », mais ce n'est pas un cas isolé.
Les documents issus des Facebook Papers montrent que Meta s'est conformée à plusieurs reprises aux demandes gouvernementales de censure des publications, notamment en Inde, où elle a cédé aux pressions de l'administration Modi.
Parallèlement, la désinformation prolifère librement, surtout en période de crise. Après chaque événement majeur, qu'il s'agisse d'ouragans ou de crises sanitaires, les plateformes de Meta sont inondées de publications complotistes générées par l'IA.
Zuckerberg a même admis devant le Congrès regretter d'avoir supprimé certaines fausses informations sur la COVID-19, comme les fans de « Plandemic » le savent bien. Malgré une demande croissante de transparence, la solution proposée par Meta est de réduire le nombre de modérateurs, de diminuer les règles et d'augmenter encore les dépenses en intelligence artificielle.
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Jai Hamid
Jai Hamid couvre l'actualité des cryptomonnaies, des marchés boursiers, des technologies, de l'économie mondiale et des événements géopolitiques qui influencent les marchés depuis six ans. Elle a collaboré avec des publications spécialisées dans la blockchain, telles que AMB Crypto, Coin Edition et CryptoTale, sur des analyses de marché, des sujets liés aux grandes entreprises, à la réglementation et aux tendances macroéconomiques. Diplômée de la London School of Journalism, elle a également présenté à trois reprises son expertise du marché des cryptomonnaies sur l'une des principales chaînes de télévision africaines.
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