La France fait pression sur l'Union européenne pour qu'elle déploie son arme commerciale latronaprès que ledent américain Donald Trump a annoncé de nouveaux droits de douane sur les pays européens en lien avec sa demande d'achat du Groenland.
Emmanuel Macron prévoit de demander à l'UE d'activer son mécanisme de lutte contre la coercition suite à l'annonce par Donald Trump d'une taxe de 10 % sur les produits de huit pays européens, dont la France, à compter du 1er février. Une source proche du président français dent s'exprimant sous couvert d'anonymat en raison du protocole gouvernemental, a confirmé que M. Macron soumettrait cette demande au nom de la France. M. Macron, qui a qualifié la menace de cette taxe d'« inacceptable » samedi, a déjà pris contact avec d'autres dirigeants européens à ce sujet.
L'approbation de l'accord commercial est désormais remise en question.
Trump a annoncé sur les réseaux sociaux que le taux tarifaire passerait à 25 % en juin si un accord n'était pas conclu pour « l'achat complet et total du Groenland ». Cette déclaration remet en cause les accords commerciaux existants entre Washington et Bruxelles.
Selon une source proche de Macron, la décision de Trump de conditionner les droits de douane aux achats de produits du Groenland soulève de sérieuses questions quant à l'accord commercial conclu entre l'UE et les États-Unis l'an dernier. Cet accord est partiellement entré en vigueur, mais nécessite encore l'approbation du Parlement, dont l'issue semble désormais improbable.
Les ambassadeurs de l'UE des pays membres doivent se réunir dimanche pour déterminer comment le bloc réagira, selon une autre personne au fait de la situation.
Le groupe parlementaire SPD allemand, membre de la coalition gouvernementale du chancelier Friedrich Merz, a exhorté la Commission européenne à agir rapidement et à élaborer des contre-mesures concrètes face aux États-Unis. Selon une source proche du dossier, le gouvernement allemand examine toutes les réponses possibles, mais n'a pas encore arrêté de mesures précises.
Manfred Weber, chef du Parti populaire européen, le plus grand groupe politique au Parlement européen, a déclaré samedi qu'approuver l'accord commercial UE-États-Unis n'était plus envisageable.
Un outil puissant reste inutilisé
Le Premier ministre finlandais, Petteri Orpo, a averti que l'Union européenne « a les moyens de réagir », tout en exprimant l'espoir d'éviter une telle issue. Dans une déclaration à la radio YLE, M. Orpo a indiqué avoir demandé la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil européen afin de définir et d'harmoniser une approche commune entre les nations européennes et le Danemark.
L'instrument anti-coercition n'a jamais été activé depuis sa création. Il a été conçu principalement pour dissuader les pratiques commerciales agressives et, le cas échéant, pour contrer les mesures coercitives intentionnelles de pays qui utilisent les politiques commerciales pour influencer les décisions de l'UE ou de ses États membres.
Des droits de douane, de nouvelles taxes sur les entreprises technologiques ou des restrictions spécifiques sur les investissements au sein de l'UE sont des exemples de mesures pouvant être prises dans le cadre de cet instrument. D'autres options incluent la limitation de la concurrence entre les entreprises pour l'tracde marchés publics à l'échelle européenne ou la restriction de leur accès à certains secteurs du marché de l'UE.
L’an dernier, Macron avait envisagé d’ utiliser l’outil anti-coercition, mais il a changé d’avis lorsque l’UE et les États-Unis se sont engagés dans trac sur les droits de douane prévus.

