L'autorité monétaire du Kirghizistan s'apprête à donner son feu vert aux tests de services bancaires utilisant les cryptomonnaies et les solutions fintech.
La banque centrale propose désormais d'élargir le cadre réglementaire des innovations financières afin d'intégrer les essais portant sur les actifs numériques.
La banque centrale du Kirghizistan va faciliter les essais de services de cryptomonnaies.
La Banque nationale de la République kirghize (NBKR) a rédigé une nouvelle résolution visant à modifier le « régime réglementaire spécial » (RRS) pour les technologies financières avancées, créé il y a six ans.
L’autorité de régulation cherche désormais à améliorer le mécanisme juridique de sa mise en œuvre afin d’expérimenter des opérations et des services bancaires innovants dans un environnement contrôlé.
La banque a indiqué que le document tient compte de l'expérience acquise dans l'application de ce cadre et de l'émergence de nouvelles solutions technologiques sur le marché financier.
Cela reflète également les changements législatifs des derniers mois et années, notamment ceux qui réglementent les actifs virtuels et les transactions connexes, a révélé mardi le média kirghize Caravan Info.
Début septembre, le Parlement kirghize a adopté une loi sur les actifs virtuels, comme a rapporté l' Cryptopolitan. Ce texte vise à renforcer la réglementation des cryptomonnaies, des stablecoins et autres jetons numériques.
La législation introduit un système de licences pour les plateformes de cryptomonnaies, autorise l'État à lancer et exploiter des installations de minage et soutient la création d'une réserve de cryptomonnaies dans ce pays d'Asie centrale.
L'autorité monétaire a également clairement indiqué que ces amendements visent à renforcer la protection des droits et des intérêts des consommateurs.
Cela comprend la clarification des exigences d'admission des fournisseurs dans l'environnement de test et la mise en place d'une gestion des risques adéquate lors de l'introduction de produits innovants.
Les autorités de régulation kirghizes mettent en garde les banques contre l'utilisation du bac à sable réglementaire pour contourner les règles.
Le projet de résolution, publié pour consultation publique, devrait accroître la transparence dans le secteur fintech en pleine croissance au Kirghizistan et rendre ses solutions plus accessibles.
Ce document explique également certains critères actuels pour les entreprises souhaitant rejoindre le SRR. Il souligne notamment que le service ou l'opération qu'elles souhaitent tester doit compléter leur activité principale et ne pas constituer l'unique axe de leur activité.
Ce qui demeure inchangé, c'est l'ensemble des normes de solvabilité financière ainsi que certaines exigences de conformité.
Par ailleurs, le NBKR introduit un mécanisme qui permettra d'accélérer tracexpériences ciblées avec des objectifs prédéterminés.
L’autorité monétaire a toutefois souligné que le taux de réserves obligatoires amélioré ne devait pas être considéré comme un moyen pour les institutions bancaires de contourner d’autres lois et réglementations.
Depuis sa mise en place en août 2020, ce régime réglementaire spécial a été utilisé pour tester des solutions alternatives en conditions réelles de marché, indique le rapport.
Les sociétés financières participantes ont la possibilité de vérifier la viabilité de leurs nouvelles offres, tandis que les organismes de réglementation accèdent à des données qui peuvent être utilisées pour l'analyse économique et la supervision.
Le secteur des cryptomonnaies au Kirghizistan s'est développé rapidement et, selon une estimation gouvernementale récente, les plateformes d'échange nationales ont traité 11 milliards de dollars au cours des sept premiers mois de 2025.
Dans le même temps, ce volume élevé de transactions a suscité des inquiétudes en Occident, craignant que la Russie n'utilise des plateformes de cryptomonnaies enregistrées au Kirghizistan pour contourner les restrictions financières internationales et financer sa guerre en cours en Ukraine.
Ces mesures ont entraîné des sanctions imposées par les États-Unis et le Royaume-Uni contre les réseaux de cryptomonnaies kirghizes et certaines banques du Kirghizistan. En août, le président du paysdentSadyr Japarov, a exhorté son homologue américain, Donald Trump, et le Premier ministre britannique, Keir Starmer, à ne pas politiser l'économie.

