Huawei a réagi au projet de l'Union européenne de supprimer progressivement sa technologie, qualifiant cette décision de violation des principes de l'Union.
L'Union européenne avait précédemment proposé un nouveau plan visant à exclure des secteurs critiques les fournisseurs que ses décideurs jugent « à haut risque ».
Huawei accuse l'UE de violer ses propres principes
La Commission européenne a lancé une proposition visant à retirer les technologies des fournisseurs « à haut risque » dans les secteurs les plus sensibles de l'Union européenne.
Le projet de loi ne cite pas d'entreprises spécifiques, mais il est généralement admis qu'il vise les géants chinois Huawei et ZTE. Cryptopolitan précédemment indiqué que l'Europe cherche à éliminer les technologies occidentales afin d'atteindre la « souveraineté technologique » et de protéger ses infrastructures des ingérences étrangères.
La responsable de la technologie de l'UE, Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive dent de la souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie, a déclaré que cette proposition offre les moyens de « mieux protéger nos chaînes d'approvisionnement critiques » et de lutter efficacement contre les cybermenaces.
Cité par Reuters, un porte-parole de Huawei a déclaré que la proposition violait les principes d'équité et de non-discrimination de l'UE, arguant que l'organe représentatif européen prenait des décisions fondées sur le « pays d'origine » plutôt que sur des normes techniques ou des preuves factuelles.
Huawei a également rappelé qu'elle se réserve le droit de faire valoir cette exclusion par voie légale, en se fondant sur ce qu'elle considère comme une violation potentielle des obligations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
Les restrictions proposées s'appliqueraient à 18 secteurs , dont la 5G et les réseaux satellitaires, les semi-conducteurs, les systèmes de distribution d'électricité et d'eau, et même les véhicules connectés et les drones. Les opérateurs mobiles disposeront de 36 mois pour retirer les composants essentiels des fournisseurs à haut risque une fois la liste de ces fournisseurs officiellement publiée.
Ces nouvelles lois sur la sécurité entraîneront-elles une hausse des coûts pour les internautes ?
Connect Europe, un groupe représentant les principaux fournisseurs de télécommunications, estime que les coûts de remplacement des équipements et de mise en conformité avec les nouvelles normes pourraient se chiffrer en milliards d'euros.
Ces coûts constituent l'une des principales raisons pour lesquelles certains pays de l'UE ont tardé à retirer les équipements Huawei de leurs réseaux 5G actuels.
Si les entreprises doivent investir des milliards dans de nouveaux équipements, ces coûts risquent d'être répercutés sur les consommateurs par le biais de factures internet et mobiles mensuelles plus élevées. Certains opérateurs craignent également qu'une mise hors service forcée ne ralentisse le déploiement des nouvelles technologies sur le continent.
En réponse, la proposition de l'UE stipule que les restrictions n'entrent en vigueur qu'après une évaluation formelle des risques, qui peut être initiée par la Commission ou par au moins trois États membres. Toute décision finale serait théoriquement fondée sur une analyse de marché afin d'en comprendre l'impact sur l'économie.
Le chancelier allemand Friedrich Merz a récemment annoncé que l'Allemagne interdirait totalement les composants chinois de ses futurs réseaux 6G. Le pays a également entamé le processus de retrait des équipements Huawei de ses réseaux 5G, avec pour objectif une exclusion complète d'ici fin 2026.
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