La Chine vient d'enregistrer une hausse de 5,3 % de son PIB au premier trimestre de cette année, dépassant les prévisions de nombreux observateurs. Cette progression met en lumière les efforts déployés par Pékin pour dynamiser son secteur manufacturier, un enjeu crucial pour la deuxième économie mondiale. Selon une analyse antérieure, les experts tablaient sur une croissance plus modeste de 4,6 %.
Le Bureau national des statistiques a renchéri, soulignant que ce bon début de saison ouvre la voie à une croissance potentiellement soutenue tout au long de l'année. Il a toutefois évoqué le contexte mondial complexe susceptible de fragiliser cette stabilité économique encore précaire.
Performance sectorielle et perspectives économiques immédiates
Le secteur manufacturier a progressé de 6,1 % par rapport à l'année dernière, malgré la baisse de 2,7 % des prix à la production industrielle. Cela indique que, malgré cette hausse de la production, le secteur n'est pas encore sorti d'affaire face à la déflation.
Les investissements en immobilisations ont également progressé, enregistrant une hausse de 4,5 %. Cette croissance a été principalement alimentée par une forte augmentation de 9,9 % des investissements dans le secteur manufacturier, bien que légèrement freinée par un recul de 9,5 % des investissements immobiliers. Le commerce de détail n'a pas été totalement déprimé non plus, avec des ventes en hausse de 4,7 % sur le trimestre, malgré un ralentissement par rapport aux 5,5 % enregistrés en janvier et février.
Les économistes estiment que les principaux moteurs de la croissance économique ont été les exportations et les investissements dans les énergies nouvelles. Ils envisagent également la possibilité que Pékin suspende toute mesure de relance majeure à moins d'une chute brutale des exportations ou d'un repli plus marqué du secteur immobilier.
Les marchés boursiers , cependant, n'ont pas réagi avec enthousiasme à ces chiffres, l'indice CSI 300 enregistrant une baisse de 1 %. Cette réaction était similaire à celle des autres marchés asiatiques, influencée par des chiffres de ventes au détail américains étonnamment tron , qui ont tempéré les espoirs d'une baisse immédiate des taux d'intérêt par la Fed.
Pékin a maintenu son objectif de croissance du PIB à 5 % pour l'année, un chiffre identique à celui de l'année dernière, qui est le plus bas depuis des décennies.
Parallèlement, l'inflation en mars est restée inférieure aux prévisions, ce qui laisse penser que les pressions déflationnistes sont toujours présentes malgré les efforts déployés pour stimuler la demande intérieure et stabiliser le marché immobilier.
Stratégies immobilières et économiques : perspectives d'avenir
Le marché immobilier, un segment économique important depuis 2021, n'a montré aucun signetronde reprise au premier trimestre. Les investissements dans l'immobilierdentont chuté de 10,5 % sur un an. Le secteur a également connu une forte baisse des mises en chantier et des achèvements de logements neufs, qui ont reculé respectivement de 27,8 % et 20,7 %.
Les exportations, bien que plus faibles en valeur absolue, ont enregistré une hausse en volume grâce à la progression des producteurs chinois sur le marché mondial. Selon Goldman Sachs, le secteur manufacturier demeuretron, ce qui indique que malgré un ralentissement de la croissance de la production industrielle dû à la réduction du nombre de jours ouvrables en mars, la production manufacturière globale restetron.
Dans ce contexte économique, la Banque populaire de Chine a maintenu son principal taux directeur à moyen terme à 2,5 % lundi dernier. Fitch Ratings, en revanche, a revu à la baisse ses perspectives pour la Chine, les faisant passer de « neutres » à « négatives », pointant du doigt un modèle de croissance trop dépendant du secteur immobilier, susceptible d'engendrer de l'incertitude.
Le ministère chinois des Finances a répliqué en reprochant à Fitch d'avoir sous-estimé les effets positifs de sa politique budgétaire sur la croissance économique. Les données du PIB du premier trimestre, qui révèlent unetronproduction industrielle et des investissements manufacturiers soutenus, suscitent un optimisme prudent.
Pourtant, face à la baisse des ventes immobilières et aux inquiétudes concernant la viabilité d'une forte dépendance à l'égard du secteur manufacturier pour alimenter la croissance, il est clair que des défis persistent.
Les experts de Goldman Sachs entrevoient une voie claire. L'augmentation de la production et des exportations, conjuguée à d'importants investissements dans le secteur manufacturier, alimente actuellement la croissance économique.
Mais face aux difficultés du marché immobilier et à l'endettement croissant des collectivités locales, il existe un consensus général sur le fait que la seule production industrielle ne suffira pas à stabiliser et à stimuler la demande intérieure.
Pékin mise sur les industries de pointe et respectueuses de l'environnement, en déployant des subventions et des programmes pour stimuler la production de véhicules électriques, de panneaux solaires et de batteries. Cependant, à mesure que ces industries prennent tracampleur, les partenaires étrangers s'inquiètent de possibles perturbations du marché, similaires à celles observées par le passé.
La Chine affirme que ces mesures sont dictées par les forces du marché et visent à s'aligner sur les évolutions économiques mondiales vers le développement durable.

