La ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a averti les dirigeants mondiaux que les États-Unis, sous ladent de Donald Trump, constituent désormais une menace directe pour leurs alliés.
Alors que le Canada accueille les ministres des Affaires étrangères du G7 à Charlevoix, au Québec, Joly prévoit d'avertir ses homologues européens et britanniques qu'ils doivent s'attendre à une hostilité similaire de la part de l'administration Trump.
« Si les États-Unis peuvent nous faire ça à nous, leur plus proche allié, alors personne n’est en sécurité », a-t-elle déclaré aux journalistes à Ottawa mercredi.
L'ordre du jour officiel du G7 inclut l'Ukraine, le Moyen-Orient, Haïti et le Venezuela. Mais Joly aborde un autre sujet : la guerre commerciale de Trump et ses menaces contre la souveraineté de son pays. Ce choix de moment n'est pasdent.
Trump vient d'imposer des droits de douane de 25 % sur l'acier et l'aluminium canadiens, exacerbant des tensions déjà vives. Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, qui vient de quitter Djeddah, en Arabie saoudite, après avoir négocié une trêve de 30 jours entre la Russie et l'Ukraine, devrait être interrogé à son arrivée au Canada.
S'exprimant depuis l'Irlande, Rubio a tenté de minimiser les tensions : « Il ne s'agit pas d'une réunion portant sur la manière dont nous allons envahir le Canada. »
Trump intensifie la guerre économique contre son voisin du nord
La guerre économique entre Washington et Ottawa s'intensifie. Trump fait pression pour que le Canada devienne le 51e État américain, qualifiant la frontière canado-américaine de ligne fictive. Cette position est très mal perçue par les Canadiens, qui considèrent désormais les États-Unis comme un pays ennemi.
Mercredi, Trump a imposé des droits de douane de 25 % sur l'acier et l'aluminium canadiens. Joly a réagi par un discours virulent à Ottawa, dénonçant une coercition économique et un prétexte pour prendre le contrôle du Canada par la force.
Le Canada a immédiatement riposté en imposant des droits de douane compensatoires sur 20,7 milliards de dollars de marchandises américaines. Ces mesures, qui entreront en vigueur jeudi, toucheront des ordinateurs, des équipements sportifs, des chauffe-eau et d'autres exportations américaines d'une valeur de 14,2 milliards de dollars canadiens (9,9 milliards de dollars américains).
Joly exige des réponses de Rubio lors du sommet du G7 et prévoit d'exercer une « pression maximale » pour protéger la souveraineté de son pays.
« Nous n’avons rien fait pour justifier les attaques de Trump contre notre pays, notre économie et notre identitédent, a-t-elle déclaré. « Le Canada est votre meilleur ami, votre meilleur voisin et votre meilleur allié. »
Trump, cependant, persiste et signe. Il insiste sur le fait que le pays du nord devrait faire partie des États-Unis et a qualifié à plusieurs reprises la frontière de « fausse ligne tracée à la règle »
Mardi, il a déclaré : « Si l'on fait abstraction de tout cela et que l'on observe cette magnifique formation que forment le Canada et les États-Unis, il n'y a aucun autre endroit au monde qui lui ressemble. »
Le nouveau Premier ministre du Canada se prépare à l'affrontement
Le Premier ministre Mark Carney, qui entrera officiellement en fonction vendredi, affirme que le Canada ne cédera pas. S'exprimant dans une aciérie à Hamilton, en Ontario, il a déclaré aux journalistes qu'il était disposé à rencontrer Trump, mais seulement si la souveraineté canadienne était respectée.
« Je suis prêt à m’asseoir à la table des négociations avec ledent Trump au moment opportun, dans le respect de la souveraineté canadienne et en vue d’une approche commune, une approche beaucoup plus globale en matière de commerce », a déclaré Carney.
Mais le nouveau dirigeant canadien ne se concentre pas uniquement sur le commerce. Il se prépare également à un affrontement plus vaste en matière de sécurité et de défense. M. Joly a évoqué un renforcement de la coopération militaire avec les alliés européens, notamment des projets d'expansion des exercices militaires conjoints et d'acquisition d'armements supplémentaires afin de consolider le dispositif de défense du Canada.
De son côté, Rubio insiste sur le fait que les États-Unis collaborent de manière constructive avec leurs alliés et espèrent avoir des échanges productifs avec les autres dirigeants du G7. Mais cela ne suffit guère à apaiser les tensions, alors que le Canada poursuit sa politique de représailles commerciales agressives.
Le premier ministre sortant, Justin Trudeau, a passé la semaine à vider ses bureaux, tandis que le ministre des Finances, Dominic LeBlanc, joue un rôle de premier plan dans la mise en œuvre des contre-mesures. Alors que le nouveau gouvernement s'apprête à prendre ses fonctions, une chose est claire : le Canada ne recule pas face aux menaces de Trump.

