Wall Street vient de se débarrasser de la quasi-totalité des 12,5 milliards de dollars de prêts qui ont permis à Elon Musk d'acquérir Twitter (désormais appelé X) en 2022. Un groupe de sept grandes banques, mené par Morgan Stanley, a cédé 4,74 milliards de dollars de cette dette jeudi, dépassant largement les 3 milliards initialement prévus, alors que les investisseurs ont afflué avec des ordres d'achat s'élevant à 12 milliards de dollars, selon un article du Financial Times.
Les créanciers, dont Bank of America, Barclays et MUFG, étaient bloqués avec cette dette depuis octobre 2022, faute d'acheteurs prêts à en assumer le risque. Il ne leur reste désormais qu'un peu plus d' un milliard de dollars, une fraction de leur investissement initial.
L'appétit soudain du marché pour cette dette s'explique sans aucun doute pardent retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et sa nomination d'Elon Musk comme « Premier Ami ». Ils ont d'ailleurs tenu une conférence de presse commune la semaine dernière, comme l'a rapporté Cryptopolitan. Les investisseurs considéraient autrefois ces prêts Twitter comme extrêmement risqués. Aujourd'hui, ils représentent une véritable aubaine.
Le rôle d'Elon Musk à la Maison Blanche transforme les créances douteuses en forte demande
Les banques avaient déjà tenté à plusieurs reprises de vendre cette dette, notamment en 2023 et début 2024, mais les acheteurs n'étaient pas au rendez-vous, même avec des décotes importantes. La situation a changé dès l'élection de Trump.
En janvier 2025, Morgan Stanley a transféré 1 milliard de dollars de dette à Diameter Capital Partners. En février, ils ont vendu 5,5 milliards de dollars supplémentaires, à un prix de 97 cents pour un dollar.
Mais le véritable élément qui a tout changé, c'est l'intégration par Elon de sa start-up d'intelligence artificielle, xAI, à X, ce qui a fait grimper sa valorisation et renforcé la sécurité de sa dette. Du coup, Wall Street a entrevu du potentiel là où elle ne voyait auparavant que des pertes.
Lors de la vente de jeudi, les banques ont obtenu le prix fort, sans aucune décote. Certains prêts se négocient déjà entre 101 et 102 cents pour un dollar sur le marché secondaire.
Il reste un dernier élément à régler : plus d’un milliard de dollars de prêts non garantis, la partie la plus risquée de l’opération. Cette dette offre des taux d’intérêt plus élevés, mais en cas de faillite de X, ces créanciers seront les derniers à être remboursés. Les investisseurs attendent donc de voir comment ils géreront la situation.
Techniquement, deux options s'offrent à eux : vendre directement ou refinancer par l'émission de nouvelles actions privilégiées, selon des sources proches du dossier. Dans les deux cas, la demande est forte, et les parties concernées en sont conscientes.
L'action Tesla chute alors qu'Elon Musk divise son attention
Pendant ce temps, les investisseurs de Tesla sont mécontents. L'action a chuté de 6 % mardi, atteignant 328,50 dollars, s'inscrivant dans une série de cinq jours de baisse qui a fait fondre plus de 200 milliards de dollars de capitalisation boursière.
D'après les analystes de JPMorgan, la raison est simple : le constructeur automobile chinois BYD a annoncé un partenariat avec DeepSeek pour développer des technologies de conduite autonome, et leur plan est d'intégrer des fonctionnalités de conduite autonome à 21 nouveaux modèles. Il s'agit là d'un défi direct pour Tesla, qui exige toujours la présence d'un conducteur au volant.
Les analystes de Morgan Stanley constatent une intensification de la concurrence. « Waymo, BYD et Tesla se disputent la suprématie sur le marché des robotaxis », ont-ils écrit dans une note à leurs clients vendredi. Ils maintiennent leur objectif de cours à 430 dollars pour Tesla, mais préviennent que l'intensification de la concurrence pourrait impacter les marges.
Elon Musk est sur tous les fronts. Il ne se contente pas de diriger Tesla, SpaceX, X et xAI ; il s'efforce également d'acquérir OpenAI et passe plus de temps à Washington. Trump l'a nommé à la tête du Département de l'efficacité gouvernementale (DOGE), une nouvelle initiative de la Maison-Blanche visant à réduire les dépenses, à déréglementer et même à fermer des agences entières.

