récente menée par l'Institut ukrainien du Web3, avec le soutien du ministère de la Transformation numérique, met en lumière les difficultés rencontrées par le du Web3 en Ukraine et révèle d'importants obstacles réglementaires. Intitulée « Le Web3 pour l'Ukraine : Entretien avec les fondateurs », cette étude souligne le besoin crucial de lignes directrices claires et d'un cadre réglementaire adapté au sein du pays.
Les lacunes réglementaires mettent à l'épreuve le secteur Web3 ukrainien
S’appuyant sur des entretiens avec 50 fondateurs issus de 19 secteurs de l’économie du web3, cette étude met en lumière les difficultés rencontrées par les startups dans ce domaine. En raison de l’absence de cadre juridique defi, les entreprises ukrainiennes du web3 se trouvent dans une situation complexe. Ce manque de clarté entrave leur capacité à opérer efficacement en Ukraine et contraint nombre d’entre elles à s’implanter à l’étranger, emportant avec elles leurs innovations et leurs retombées économiques potentielles.
L'une des principales conclusions du rapport est la volonté de ces projets de collaborer avec les institutions gouvernementales, en proposant souvent leurs produits gratuitement. Cependant, l'absence de réglementation officielle concernant l'utilisation des technologies Web3 engendre des hésitations, voire des refus, de la part des pouvoirs publics, creusant ainsi un fossé entre le potentiel de progrès technologique et l'engagement gouvernemental.
La volonté de mettre en place un cadre juridique complet
L'Institut ukrainien du Web3 exhorte le gouvernement ukrainien à prendre des mesures immédiates pour établir un cadre réglementaire clair. L'institut souligne qu'en l'absence d'une telle réglementation, la capacité du pays à exploiter pleinement le potentiel du secteur en plein essor du Web3 est fortement compromise.
Par ailleurs, le rapport aborde les difficultés financières rencontrées dans le secteur du Web3. Les fonds d'investissement ukrainiens ne disposent pas de mécanismes légaux pour acquérir des cryptomonnaies en utilisant des monnaies fiduciaires. De plus, l'absence de règles defiencadrant les interactions officielles entre les entreprises ukrainiennes du Web3 et leurs homologues étrangers complexifie davantage la situation.
Conformité aux normes internationales
Par ailleurs, l'Ukraine se prépare activement à mettre en œuvre les exigences du Groupe d'action financière (GAFI) relatives aux cryptomonnaies. Yulia Parkhomenko, directrice du département des actifs virtuels au ministère de la Transformation numérique, a souligné les efforts déployés par le pays pour éviter d'être inscrit sur la liste grise du GAFI. Le non-respect des normes internationales risque de nuire à la position de l'Ukraine au sein de la communauté financière mondiale, faisant de la mise en place d'un cadre réglementaire une priorité nationale et une nécessité internationale.
Le projet de loi n° 10225-1, actuellement examiné par le Parlement ukrainien (Verkhovna Rada), vise à remédier à ces problèmes. S'il est adopté, il obligera les plateformes d'échange de cryptomonnaies à s'enregistrer auprès du gouvernement, à appliquer une obligation de vigilance à l'égard de la clientèle et à signaler les transactions suspectes. Cette mesure est essentielle pour créer un environnement favorable aux entreprises de cryptomonnaies, aligner l'Ukraine sur les normes réglementaires internationales et ouvrir la voie à une coopération et à des investissements internationaux accrus.
L' étude de l' Institut ukrainien Web3, étayée par des données empiriques et des témoignages directs d'acteurs du secteur, met en lumière l'urgence d'une réglementation claire pour le secteur Web3 ukrainien. Face à ces défis, les résultats de ces efforts façonneront l'avenir du paysage Web3 ukrainien et détermineront sa place dans l'économie numérique mondiale. Les mesures proactives prises par le gouvernement en réponse à cet appel à l'action seront cruciales pour la croissance et le succès de ce secteur innovant et en pleine évolution.

