Le marché boursier américain vient de franchir la barre des 63 800 milliards de dollars de capitalisation boursière, selon Goldman Sachs. Ce chiffre représente le double de celui d'il y a cinq ans.
En 2020, la capitalisation boursière totale des marchés publics avoisinait les 31 000 milliards de dollars. La dernière fois qu'elle a doublé, il a fallu huit ans. Cette fois-ci, elle l'a fait en cinq ans. Et elle reste largement supérieure à la moyenne mondiale.
Le marché américain est aujourd'hui plus de trois fois plus important que le marché européen et plus grand que la somme des marchés de l'Europe, de la Chine, de Hong Kong, du Japon et de l'Inde.
Cette forte hausse de la capitalisation boursière fait suite àtronfin de trimestre en force. Lundi, le S&P 500 a clôturé à un nouveau record historique après avoir progressé de 0,52 %. Le Nasdaq Composite, tiré par les valeurs technologiques, a gagné 0,47 %, atteignant lui aussi un niveau record.
L'indice Dow Jones a progressé de 275,50 points, soit 0,63 %, entraînant l'ensemble du marché actions dans sa hausse. Cependant, à l'ouverture des marchés mardi, les contrats à terme ont reculé. Le Dow Jones a perdu 32 points, soit 0,07 %, tandis que les contrats à terme sur le S&P 500 ont cédé 0,15 % et ceux sur le Nasdaq 100 0,22 %.
Trump suspend les négociations commerciales avec le Canada après la réforme fiscale
Sur le plan politique, les tensions entre Washington et Ottawa ont commencé à se faire sentir en début de semaine. Le Canada a annulé sa taxe sur les services numériques afin de faciliter les négociations commerciales avec les États-Unis. Cette décision est intervenue quelques jours après que ledent Donald Trump a déclaré vendredi qu'il « mettait fin à TOUTES les discussions commerciales avec le Canada »
Le gouvernement canadien a décidé de renoncer à la taxe afin d'éviter l'échec total des négociations. Le sursis tarifaire de 90 jours accordé par Trump expire la semaine prochaine, et les investisseurs suivent de près la situation pour déceler tout signe de la suite des événements.
Les marchés se remettent encore des événements d'avril, lorsque les droits de douane massifs imposés par Trump ont fait basculer le S&P 500 au bord du marché baissier. Depuis, le rebond a été spectaculaire. L'indice boursier général a enregistré une hausse de 10,6 % au deuxième trimestre, tandis que le Nasdaq a bondi de près de 18 % sur la même période.
Malgré le repli des contrats à terme, de nombreux opérateurs estiment que la dynamique pourrait se poursuivre au second semestre. Mike Wilson, stratégiste en chef actions américaines et directeur des investissements chez Morgan Stanley, a déclaré lundi à l'émission « Closing Bell » de CNBC : « Nous pensons que la reprise sera plus généralisée. »
Il a ajouté : « Je pense qu’avec une baisse des taux de la Fed au second semestre de cette année ou l’année prochaine, nous pourrions assister à une reprise progressive, car il existe actuellement une forte demande latente, notamment dans les segments de marché sensibles aux taux d’intérêt. » Wilson a souligné que le secteur manufacturier et le logement étaient les secteurs qui pourraient le plus bénéficier d’un éventuel changement de cap de la Fed.
Goldman Sachs prévoit que les baisses de taux interviendront plus tôt
Goldman Sachs prévoit désormais que la Réserve fédérale commencera à baisser ses taux en septembre, revoyant ainsi à la hausse ses prévisions initialement prévues pour décembre.
David Mericle, économiste en chef de la firme pour les États-Unis, a écrit lundi dans une note que « les premiers éléments de preuve suggèrent que les effets des droits de douane semblent un peu moins importants que prévu, que d'autres forces désinflationnistes ont ététronfortes et que nous soupçonnons que la direction de la Fed partage notre avis selon lequel les droits de douane n'auront qu'un effet ponctuel sur le niveau des prix. »
Même si l'inflation semble s'être maîtrisée, Mericle a indiqué qu'il est désormais plus difficile de trouver un emploi. Il a écrit : « La saisonnalité résiduelle et les changements de politique d'immigration constituent des risques de baisse à court terme pour l'emploi. »
Goldman Sachs prévoit désormais trois baisses de taux cette année (septembre, octobre et décembre), chacune de 25 points de base. Cela ramènerait la fourchette cible de la Fed à 3 %-3,25 %, contre 3,5 %-3,75 % précédemment. La banque anticipe également deux autres baisses en 2026.
Pour l'instant, la fourchette cible de la Fed se situe entre 4,25 % et 4,5 %. Les investisseurs suivent de près les prochains indicateurs économiques pour y déceler des indices sur la santé de l'économie. Il s'agit notamment de l'indice PMI mondial S&P à 9h45 (heure de l'Est), suivi de l'indice ISM manufacturier à 10h00.
L'enquête sur les offres d'emploi et la rotation de la main-d'œuvre (JOLTS) sera également publiée mardi matin. Ces trois rapports devraient influencer les prévisions du marché en matière d'embauche et de production.

