Des chefs religieux et des organisations de la société civile ont uni leurs forces sous l'égide du Forum d'Abu Dhabi pour la paix afin de lancer une commission qui vise à jouer un rôle central dans l'élaboration de la réglementation mondiale de l'intelligence artificielle (IA).
La commission Foi et Société civile, lancée à Londres avec le soutien du cabinet de conseil britannique Good Faith Partnership, vise à combler le fossé entre le public, les décideurs politiques et les entreprises technologiques afin de garantir une approche responsable et inclusive de la gouvernance de l'IA.
Commission Foi et société civile – Plaidoyer pour une réglementation inclusive de l’IA
La commission, présidée par Cheikh Al Mahfoudh bin Bayyah, secrétaire général du Forum d'Abu Dhabi pour la paix, vise à combler les lacunes critiques en matière de communication entre les différentes parties prenantes du secteur de la réglementation de l'IA. Les préoccupations relatives à la protection des données, à la désinformation et à l'exclusion potentielle des communautés minoritaires sont souvent reléguées au second plan par rapport aux discussions sur les risques existentiels à long terme que représente l'IA.
La commission s'efforce de placer les voix des chefs religieux et des groupes minoritaires au premier plan des discussions réglementaires sur l'IA, afin de garantir que la société civile ne soit pas négligée dans la construction de l'avenir de la technologie.
En collaboration avec des universités des Émirats arabes unis, la commission entend sensibiliser les communautés musulmanes des pays du Sud à l'intelligence artificielle. En favorisant les échanges de connaissances, cette initiative vise à donner à ces communautés les moyens d'exploiter l'IA pour le bien de leurs sociétés. Cheikh Al Mahfoudh bin Bayyah conçoit cette commission comme une « caravane de la foi » qui, dans les prochains mois, dialoguera avec des représentants de gouvernements africains, du Vatican et de la Silicon Valley, afin de nouer des collaborations susceptibles de contribuer à prévenir la récupération de l'IA par des extrémistes.
Réflexions et préoccupations concernant la protection des données lors du sommet sur l'IA
La création de cette commission fait suite au sommet britannique sur la sécurité de l'IA, qui a mis l'accent sur une approche « centrée sur l'humain » des technologies d'IA. Tout en saluant les engagements pris lors du sommet, les membres de la commission ont exprimé des inquiétudes quant à l'exclusion des voix de la société civile et des communautés minoritaires des discussions.
Kate Devlin, de Humanists UK, a souligné la nature technocratique du discours actuel sur l'IA et la sous-représentation des perspectives mondiales, plaidant pour une approche plus inclusive afin de traiter les problèmes concrets tels que les implications sur l'emploi, l'externalisation et la durabilité.
Maria Harb, de l'ONG Stop the Traffik, a présenté son analyse de l'utilisation de l'IA pour lutter contre la désinformation en ligne et la traite des êtres humains. Malgré les effets positifs constatés, elle a insisté sur l'importance de prendre en compte les enjeux liés à la protection des données dans le cadre des programmes de prévention ciblant les individus via la publicité sur les réseaux sociaux. Saqib Bhatti, ministre délégué aux Technologies et à l'Économie numérique, a assuré qu'une approche collaborative de la réglementation de l'IA serait privilégiée, soulignant la nécessité de valeurs collectives et d'une responsabilité partagée.
La foi peut-elle influencer le discours sur la réglementation de l'IA ?
Dans le domaine dynamique de l'intelligence artificielle, la commission « Foi et société civile » apparaît comme un espoir pour une approche inclusive et éthique de la réglementation. Alors qu'elle œuvre à l'échelle mondiale et collabore avec divers acteurs, de la Mauritanie à la Silicon Valley, sa mission de faire entendre la voix de la société civile et des communautés minoritaires dans les débats sur l'IA est primordiale.
Cette initiative à vocation religieuse pose la question centrale de savoir si elle peut réussir à trouver le juste équilibre entre préoccupations éthiques et innovation technologique, ouvrant la voie à une époque où chacun pourra bénéficier de l'IA tout en réduisant ses inconvénients potentiels.
Dans un monde où la technologie évolue à une vitesse fulgurante, l'engagement de la commission à bâtir des ponts de connaissances et à favoriser la collaboration témoigne d'une vision partagée d'une IA plus humaine. En abordant des enjeux allant de la protection des données aux implications sociétales, l'héritage de cette initiative repose sur sa capacité à influencer non seulement la réglementation, mais aussi l'éthique même qui sous-tend le développement de l'intelligence artificielle.
Cette « caravane de la foi » peut-elle nous guider vers un avenir où l’évolution de l’IA sera non seulement révolutionnaire, mais aussi profondément ancrée dans les valeurs et les perspectives diverses de la communauté internationale ? Seul l’avenir nous le dira, tandis que cette initiative, portée par la foi, continue de façonner le discours sur la réglementation de l’IA à l’échelle mondiale.

