Si l'on observe comment Bitcoin est réellement utilisé en 2026, la réalité est très concrète, voire banale. Aujourd'hui, Bitcoin n'est plus synonyme de spéculation ou de quêtes pharaoniques. Il est de plus en plus utilisé comme infrastructure financière.
Grâce au Lightning Network, Bitcoin est devenu discrètement une solution de règlement rapide et économique. Fonctionnant en arrière-plan des systèmes de paiement et des applications grand public, il permet aux utilisateurs de payer dans une devise tandis que les commerçants en reçoivent une autre, avec un règlement quasi instantané. Lorsque des plateformes comme Square, Strike ou Cash App intègrent ce système, la plupart des utilisateurs finaux ignorent même que Bitcoin est impliqué. Ils savent simplement que la transaction a été effectuée.
Pourtant, au Royaume-Uni, elle est toujours considérée comme un actif spéculatif risqué plutôt que comme une infrastructure essentielle.
Le piège de la « crypto »
L'approche réglementaire britannique se heurte à un problème d'inadéquation des catégories. Bitcoin reste classé dans la catégorie plus large des « cryptomonnaies », ce qui signifie que des règles conçues pour les jetons spéculatifs sont appliquées aux logiciels de paiement décentralisés.
Cette distinction est importante. La plupart des cryptomonnaies ont des émetteurs, des structures de gouvernance et un marketing conçus pour générer des rendements. Bitcoin lui, n'a rien de tout cela. C'est un réseau open source sans autorité centrale ni promesse de profit.
Traiter un système de paiement décentralisé comme un investissement spéculatif engendre des frictions inutiles. Au Royaume-Uni, une startup souhaitant utiliser Bitcoin pour régler un micropaiement ou une récompense de fidélité est soumise aux mêmes exigences de conformité, aux mêmes tests de classification des investisseurs et aux mêmes obligations de divulgation des risques qu'un produit d'investissement à haut risque.
Cette approche rend difficile la création efficace d'applications de paiement à faible valeur et à volume élevé, car les coûts de conformité par transaction peuvent dépasser la transaction elle-même.
L'innovation est portable
Cette approche rigide a déjà des conséquences économiques au Royaume-Uni. Alors que le pays débat de la manière de gérer les cryptomonnaies, d'autres juridictions mettent en place des cadres réglementaires qui reconnaissent la différence entre un actif et une infrastructure.
Le règlement MiCA de l'Union européenne établit un cadre clair pour les jetons de paiement et les actifs décentralisés. Les États-Unis approuvent les produits négociés en bourse et font la distinction entre matières premières et valeurs mobilières. Ces cadres sont loin d'être parfaits, mais ils offrent ce qui manque actuellement au Royaume-Uni : la nuance.
Pour les fondateurs, le calcul est simple : développer une infrastructure de paiement implique de s’implanter là où la réglementation est adaptée. On constate que des entreprises qui pourraient être basées au Royaume-Uni choisissent plutôt l’Europe ou les États-Unis, où la réglementation est plus proportionnée. Elles restent soumises aux règles standard de lutte contre le blanchiment d’argent et de protection des données, mais ne sont pas considérées comme des produits d’investissement à haut risque, ce qui leur permet de concevoir des solutions de paiement pratiques.
Les enjeux économiques
Les services financiers et d'assurance représentent environ 8 % du PIB britannique. La vigueur économique du pays repose en grande partie sur sa réputation de pôle mondial d'innovation financière.
Si l'avenir des paiements est instantané et basé sur Internet, le Royaume-Uni ne peut se permettre de traiter l'infrastructure qui le sous-tend comme un pari spéculatif. En réglementant Bitcoin de la même manière que les cryptomonnaies à haut risque, le pays risque de passer à côté de la prochaine génération de réseaux de paiement.
Une réglementation adaptée au risque
Pour remédier à cela, il n'est pas nécessaire de réécrire entièrement la loi. Il faut simplement instaurer une logique de proportionnalité. En finance traditionnelle, on ne réglemente pas l'achat d'un café avec la même rigueur qu'une transaction boursière de grande valeur. On adapte les règles en fonction du risque, de la conservation des titres et de l'exposition.
Le Royaume-Uni doit appliquer la même logique. Si une entreprise utilise Bitcoin uniquement à des fins de règlement et que le consommateur ne le détient pas à des fins spéculatives, la réglementation doit en tenir compte. Nous avons besoin d'un cadre réglementaire axé sur l'activité plutôt que sur la technologie.
Les outils nécessaires existent et les talents sont prêts. Mais tant que le Royaume-Uni ne mettra pas à jour sa defidu Bitcoin, cette valeur économique se déplacera tout simplement ailleurs.
Avertissement : Ben Cousens est PDG d’Antidote, un incubateur londonien BitcoinBitcoinBitcoin BitcoinBitcoinBitcoinBitcoin BitcoinBitcoindans son infrastructure. Son point de vue s’appuie sur son expérience professionnelle dans les technologies financières et les paiements.

