Le père Paolo Benanti, théologien, éthicien et frère franciscain, est à l'avant-garde d'un domaine en plein essor au cœur de Rome : les implications éthiques de l'intelligence artificielle (IA). Il exerce une double fonction, celle de conseiller auprès du gouvernement italien et du Vatican. Sa principale mission est d'aborder les questions éthiques soulevées par les progrès technologiques rapides.
L'expertise du père Benanti est recherchée par les autorités religieuses et civiles. Professeur d'éthique à l'Université pontificale grégorienne, parfois surnommée le « Harvard des universités pontificales de Rome », il partage ses connaissances sur les enjeux du numérique, la théologie morale et l'éthique. Il conseille également le pape François et milite pour un accord international visant à garantir le développement et l'application éthiques de l'intelligence artificielle.
Un appel à une gouvernance éthique à l'ère de l'IA
Lors de la récente conférence Rome Call, organisée par un consortium réunissant le Vatican, le gouvernement italien, la Silicon Valley et les Nations Unies, le père Benanti a insisté sur la nécessité d'une gouvernance mondiale face à la révolution de l'IA. Il a mis en garde contre le risque qu'une croissance technologique non régulée n'entraîne un effondrement social et une aggravation des inégalités. Alors qu'ils examinaient les conséquences de l'IA sur la société, les participants, parmi lesquels des parlementaires et des ambassadeurs, ont trouvé son message pertinent.
Au cœur du travail du père Benanti se trouve la protection des personnes vulnérables et la promotion de la dignité humaine à l'ère de l'IA. Il partage les préoccupations du pape François quant à l'influence des algorithmes d'IA sur des aspects cruciaux de la vie humaine, tels que les décisions relatives à l'asile ou l'accès aux services financiers. Le père Benanti plaide pour des lignes directrices et des réglementations éthiques afin de garantir que les technologies d'IA respectent les valeurs humaines et n'aggravent pas les inégalités existantes.
Collaboration avec les géants de la technologie et les représentants gouvernementaux
L'influence du père Benanti dépasse largement le cadre universitaire. Il a facilité des rencontres entre le pape François et des dirigeants du secteur technologique, comme ledentde Microsoft, Brad Smith, afin d'aborder les questions d'éthique liées à l'IA. Sa collaboration avec des responsables politiques, notamment la Première ministre italienne Giorgia Meloni, met en lumière les liens étroits entre technologie, gouvernance et morale. Ensemble, ils s'efforcent de relever les défis éthiques posés par l'IA tout en exploitant ses bienfaits potentiels pour la société.
L’engagement de Benanti ne se limite pas aux discussions théoriques, puisqu’il participe activement à des commissions gouvernementales et à des initiatives internationales visant à façonner la politique et la réglementation en matière d’IA .
Face à l'accélération de l'innovation technologique, Benanti reste fermement engagé en faveur d'un développement éthique de l'IA. Il envisage un avenir où les technologies d'IA seront mises au service du bien commun, contribuant à l'épanouissement humain et au renforcement de la cohésion sociale. Toutefois, il reconnaît également les risques et les défis potentiels liés à une prolifération incontrôlée de l'IA et plaide pour des mesures proactives afin d'atténuer ces risques et de préserver le bien-être humain.

