L'inflation au Royaume-Uni est restée à 3,8 % en août, soit le même niveau qu'en juillet, maintenant la pression sur les ménages tandis que la Banque d'Angleterre s'apprêtait à se prononcer sur les taux d'intérêt.
L'Office national des statistiques (ONS) a publié mercredi les derniers chiffres de l'inflation. Ces données correspondent aux prévisions des analystes et confortent l'idée que le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque d'Angleterre maintiendra ses taux directeurs à 4 % jeudi.
L'ONS montre que les prix des produits alimentaires et du carburant augmentent tandis que les tarifs aériens baissent
La pression sur les prix dans le secteur alimentaire reste forte, le taux d'inflation des produits alimentaires passant de 4,9 % à 5,1 % en août. Faire ses courses coûte plus cher aux consommateurs, car le prix des produits de base comme les légumes, le fromage, le poisson, le bœuf, le beurre et le café a augmenté au cours du mois. Cependant, ce sont les confiseries et les chocolats qui ont connu la plus forte hausse, avec une augmentation de 10,5 %. Cette augmentation généralisée des prix alimentaires démontre la difficulté de maîtriser l'inflation.
Dans le même temps, les coûts de transport pour les ménages et les entreprises ont fortement augmenté en raison de la hausse des prix de l'essence et du diesel. Les prix des hôtels et des restaurants ont également augmenté, mais l'ONS a indiqué que cette hausse était moins marquée que l'année précédente. En revanche, les tarifs aériens ont chuté de façon spectaculaire en août, empêchant ainsi l'inflation globale de dépasser 3,8 %.
Bien que les ménages restent sous pression, on observe les premiers signes d'un ralentissement dans certains secteurs de l'économie, l'inflation des services ayant reculé de 5 % en juillet à 4,7 % en août. L'inflation sous-jacente (hors éléments volatils comme l'énergie, l'alimentation, l'alcool et le tabac) a également diminué, passant de 3,8 % à 3,6 %. Ces baisses indiquent que certains aspects de l'inflation commencent à se modérer, mais les secteurs clés tels que l'alimentation et les carburants continuent de peser lourdement sur les ménages et les entreprises.
La Banque d'Angleterre examine ses taux d'intérêt face à la pression croissante de l'économie et de la politique
La Banque d'Angleterre a abaissé ses taux directeurs à cinq reprises depuis l'été 2024, et le taux d'intérêt s'établit actuellement à 4 %. Les marchés financiers anticipent que le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque maintiendra un moratoire sur toute nouvelle baisse de taux en septembre, car le taux d'inflation global reste près du double de l'objectif de 2 % fixé par la banque.
L'économie britannique connaît également une croissance lente, le PIB n'ayant progressé que de 0,2 % au cours des trois mois précédant juillet, après une expansiontronde 0,7 % au premier trimestre. Les entreprises sont par ailleurs confrontées à des coûts énergétiques élevés et aux restrictions liées aux droits de douane américains qui continuent d'affecter les importations et les exportations.
La chancelière Rachel Reeves est soumise à un examen minutieux alors qu'elle prépare le budget de novembre. Elle a déclaré que les familles sont en difficulté et a promis de contribuer à alléger leur fardeau financier. Cependant, les entreprises avertissent qu'elles pourraient être contraintes de supprimer des emplois ou d'augmenter leurs prix en raison du projet des assureurs d'accroître les cotisations patronales à la sécurité sociale de 25 milliards de livres sterling.
À l'échelle internationale, l'inflation au Royaume-Uni reste élevée par rapport à d'autres grandes économies comme l'Allemagne (2,1 % en août), la France (0,8 %) et la zone euro (2,1 %). Aux États-Unis, elle a atteint 2,9 % , un niveau toujours inférieur à celui du Royaume-Uni, ce qui prouve que le pays subit de tron pressions inflationnistes par rapport à ses pairs.
Par ailleurs, les consommateurs britanniques se montreraient plus optimistes quant à leur budget familial cette année que ces dernières années. Cela s'explique en grande partie par leur perception positive des baisses de taux d'intérêt décidées par la Banque d'Angleterre.
Cette annonce fait suite à la publication de l'indice GfK, plus connu sous le nom d'indice de confiance des consommateurs GfK, qui mesure la perception des consommateurs concernant leurs finances familiales, et qui a enregistré une hausse notable de 3 points par rapport à la forte augmentation du mois dernier, pour atteindre 5 points.

