Sam Altman, PDG d'OpenAI, a récemment été aperçu aux Émirats arabes unis, où il a rencontré des représentants gouvernementaux et des investisseurs. Il s'emploie à constituer une coalition mondiale de personnalités influentes du monde politique et technologique afin de renforcer le soutien à l'intelligence artificielle. Selon des sources proches du dossier, M. Altman souhaite convaincre les gouvernements du monde entier de prendre des mesures pour accroître la production de puces informatiques, augmenter la capacité des centres de données et accroître la production d'énergie afin de répondre aux besoins de l'IA.
Sam Altman à propos de sa visite aux Émirats arabes unis
Dans sa campagne de persuasion auprès des gouvernements, Altman s'est rendu cette semaine aux Émirats arabes unis où il a rencontré des représentants gouvernementaux et des investisseurs fortunés. L'objectif était d'échanger sur les moyens de collaboration entre le secteur privé et les pouvoirs publics afin de faciliter les projets d'intelligence artificielle, particulièrement coûteux et exigeants en ressources. Avant les Émirats arabes unis, Altman s'était également rendu dans plusieurs pays occidentaux et avait abordé ces mêmes sujets avec divers responsables. Il aurait également rencontré Martinatron, ambassadrice des États-Unis aux Émirats arabes unis.
Visiter les Émirats arabes unis n'est pas surprenant, Dubaï ayant réalisé d'excellents progrès technologiques ces dernières années. Altman a de bonnes raisons de s'y intéresser, car le pays se situe désormais au niveau de la Suisse en matière d'innovation et de technologie, avec un score de 8,7 sur 10. Sur le plan technologique, Dubaï occupe la troisième place mondiale après la Suisse et Singapour, devançant Hong Kong. En matière de réglementation, les Émirats arabes unis figurent parmi les premiers États à avoir mis en place une réglementation relative aux actifs virtuels.

Les Émirats arabes unis constituent la deuxième économie du monde arabe et diversifient sans cesse leurs ressources, passant d'une économie pétrolière au tourisme et désormais à la fintech. Au cours du quatrième trimestre de l'exercice précédent, l'économie des Émirats arabes unis a enregistré une croissance de 8 %, et un rapport de la banque centrale du pays prévoit une nette amélioration.
Plus tard cette semaine, Altman devrait se rendre à Washington pour rencontrer des responsables américains, les convaincre de son soutien et tenter de les rallier à sa cause. On ignore encore les résultats de ces efforts, mais Altman semble déterminé à atteindre ses objectifs. De telles initiatives sont inédites de la part d'un responsable d'entreprise privée spécialisé dans l'intelligence artificielle, et témoignent de la volonté de Sam Altman de répondre aux besoins, car il est prévu que l'infrastructure et l'approvisionnement actuels en puces de silicium ne pourront pas satisfaire la demande dans un avenir proche. Comme nous le savons, il existe déjà une pénurie de puces informatiques, et celle-ci s'aggravera avec l'augmentation de la demande ; le développement des infrastructures est donc crucial.
Pourquoi un cabale mondial de l'IA est-il nécessaire ?
Altman cherche à obtenir des fonds se chiffrant en milliards de dollars auprès des gouvernements et des investisseurs afin de construire un vaste réseau d'usines de semi-conducteurs à travers de nombreux pays et ainsi répondre aux besoins croissants de l'IA. Mais son ambition ne se limite pas à la simple création d'usines de semi-conducteurs. L'intelligence artificielle étant une technologie énergivore, il s'intéresse également aux initiatives de production d'énergie, notamment au nucléaire, mais étudie aussi la possibilité d'utiliser l'énergie solaire. Partisan de l'énergie nucléaire, Altman a soutenu Oklo, une start-up spécialisée dans les petits réacteurs modulaires, et Helion Energy, qui travaille sur la fusion nucléaire.
Ces derniers mois, Altman a levé des milliards de dollars auprès de géants comme Microsoft, le japonais SoftBank et le G42 d'Abu Dhabi, ainsi que de nombreux autres investisseurs, afin de construire plusieurs usines de fabrication de puces électroniques. Mais il apparaît clairement que l'enjeu ne se limite pas aux usines de semi-conducteurs et aux chaînes d'approvisionnement ; il concerne bien plus la production d'énergie, notamment les centrales nucléaires, l'augmentation de la capacité des gigantesques centres de données et leur construction.
Mais il y a un hic : la collaboration d’Altman avec l’investisseur émirati G42 pourrait attirer l’attention des autorités de régulation américaines, compte tenu des liens de G42 avec des partenaires chinois, ce qui a déjà valu à G42 une enquête. G42 investit cash dans l’intelligence artificielle, notamment dans des supercalculateurs équipés de GPU Cerebra à l’échelle de la plaquette. Ce projet représenterait à lui seul un investissement de 900 millions de dollars. G42 aurait réduit ses relations avec ses fournisseurs chinois pour satisfaire les exigences américaines.
Altman a été accusé de vouloir obtenir 7 000 milliards de dollars pour la fabrication de puces électroniques. Certes, le terme « cabale » évoque quelque chose de sinistre, mais M. Altman réfute cette idée et nie ces allégations, les qualifiant de désinformation diffusée sur Internet. L’ampleur de ses ambitions reste inconnue, mais certaines sources estiment qu’elles se chiffrent en milliards de dollars, voire davantage.
Article original de Bloomberg

