d'hier a été dramatique matic la New York Community Bank, dont l'action a chuté de 42 %, entraînant la suspension de sa cotation. Selon certaines rumeurs, cette banque serait à la recherche d'un cash suite à une série de performances décevantes. Des sources proches du dossier ont révélé que la banque est en pourparlers avec des investisseurs potentiels afin d'injecter les liquidités dont elle a tant besoin pour redresser son trac .
La situation était critique, les actions de NYCB ayant subi de multiples suspensions de cotation au cours de la séance, avec une chute vertigineuse de plus de 40 %. Plus tôt dans l'année, le titre de la banque se négociait au-dessus de 10 dollars, mais il a depuis dégringolé à un peu moins de 2 dollars. Cette année a été particulièrement difficile pour NYCB, comme en témoigne sa décision fin janvier d'augmenter le montant de ses provisions pour pertes sur prêts. Pour ne rien arranger, l'agence Moody's Investors Service a abaissé la note de crédit de la banque à la catégorie spéculative.
Les difficultés financières de NYCB ont attiré l'attention des investisseurs et des experts du marché, qui y voient des similitudes avec la situation de Silicon Valley Bank et de First Republic Bank au printemps dernier. Le secteur bancaire est soumis à une forte pression en raison d'une inflation toujours élevée et de l'incertitude quant à la date de baisse des taux d'intérêt.
Du côté positif, NYCB a pu se remettre de sa forte chute et annoncer qu'un groupe d'investisseurs allait injecter des fonds importants dans la banque. Ce sauvetage de plus d'un milliard de dollars provient d'un groupe d'investisseurs mené par Liberty Strategic Capital, la société de Steven Mnuchin. Les autres investisseurs sont Hudson Bay Capital et Reverence Capital Partners. Cette initiative a redonné espoir, et Steven Mnuchin a déclaré que la banque disposait désormais de suffisamment de capital pour respecter les futures normes de réserves, avec des taux de couverture équivalents, voire supérieurs, à ceux de ses concurrentstron.
Dans le cadre de ce plan de redressement financier, Mnuchin et trois autres personnes rejoindront le conseil d'administration de la NYCB. Changement notable à la tête de l'institution : Joseph Otting, ancien contrôleur de la monnaie, deviendra directeur général. Alessandro DiNello avait occupé ce poste pendant une courte période.
Les difficultés de NYCB sont apparues au grand jour en début d'année, lors de la publication de résultats inférieurs aux prévisions pour le quatrième trimestre. Ceci a mis en évidence la vulnérabilité de la banque face au marché de l'immobilier commercial, qui serait au bord d'une crise de défaut de paiement. La banque a dû provisionner la somme colossale de 552 millions de dollars pour pertes sur prêts. Au cours du trimestre, les prêts aux coopératives et aux immeubles de bureaux ont représenté la majeure partie des créances irrécouvrables, soit 185 millions de dollars.
L'an dernier, trois grandes banques, dont la Silicon Valley Bank, ont fait faillite suite à la chute brutale de la valeur de leurs obligations, provoquée par les hausses de taux drastiques de la Réserve fédérale. Le fiasco actuel de la NYCB ravive les souvenirs de cette période.
Outre ses autres difficultés, NYCB détient désormais les actifs de Signature Bank, une banque qui a également fait faillite au printemps dernier. Cette acquisition complique encore davantage la situation de l'établissement, car, de par sa taille accrue, il est désormais sous étroite surveillance des autorités de régulation.

