Une bataille juridique éclate au sujet des règles numériques novatrices de l'UE

Pourquoi l'UE souhaite créer un métavers européen
- La loi sur les services numériques (DSA) fait face à son premier recours juridique de la part de Zalando, le plus grand détaillant de mode en ligne d'Europe.
- Zalando affirme être injustement qualifiée de « très grande plateforme », ce qui lui impose des obligations supplémentaires en matière de lutte contre la désinformation en ligne.
La législation d'avant-garde de l' européenne (UE), conçue pour imposer des réglementations strictes aux grandes entreprises technologiques, les obligeant à intensifier la surveillance du contenu sur leurs plateformes, se retrouve aujourd'hui au cœur de sa première bataille juridique.
Le différend est né d'une plainte déposée par le leader européen de la mode en ligne, qui affirme être touché de manière disproportionnée par les nouveaux décrets.
Un challenger surprenant se présente
Zalando, une société basée en Allemagne, a déclenché cette bataille juridique mardi en déposant une plainte auprès du Tribunal de l'Union européenne à Luxembourg.
L’entreprise affirme que la Commission européenne, organe exécutif de l’UE, l’a injustement classée comme « très grande plateforme ». Cette désignation, en vertu de la loi sur les services numériques (DSA), s’accompagne d’obligations supplémentaires en matière de lutte contre la désinformation numérique.
Il est intéressant de noter que la première vague d'actions en justice devait être menée par des entités de la Silicon Valley, plutôt que par un géant technologique européen, chose inhabituelle.
Toutefois, l'action de Zalando pourrait marquer le point de départ de nouvelles contestations judiciaires de la part d'autres grandes entreprises technologiques, notamment celles qui s'interrogent sur la validité des lois européennes récemment imposées.
Naviguer dans les eaux troubles de la loi sur les services numériques
Le DSA, qui entrera en vigueur le 25 août, représente une transformation significative de la gouvernance numérique de l'UE, établissant de nouvelles normes pour la lutte contre les discours de haine, les fausses informations et les contrefaçons en ligne.
Elle impose à toutes les grandes plateformes numériques de se conformer à ces normes.
En avril, la Commission européenne a reconnu 19 entreprises, leur imposant des obligations spécifiques au titre de la nouvelle loi. Parmi elles figuraient des plateformes sociales importantes comme TikTok et Twitter.
Zalando conteste toutefois la méthodologie de la Commission qui a inclus le détaillant allemand dans cette liste, la jugeant erronée. L'argument principal de Zalando repose sur une incohérence perçue dans son inclusion.
L'entreprise indique que, bien que son site Web enregistre plus de 83 millions de visites chaque mois, moins de 31 millions de visiteurs sont susceptibles d'acheter auprès de vendeurs tiers, un nombre inférieur au seuil de 45 millions fixé par la Commission pour l'applicabilité du DSA.
Par ailleurs, Zalando conteste la catégorisation qui la place aux côtés d'entreprises souvent perçues comme des acteurs malveillants dans le secteur numérique. L'entreprise affirme qu'une telle association nuit à son image de marque.
Zalando critique également l'incompréhension de la Commission quant à son modèle commercial hybride. Plus de 60 % des ventes de Zalando proviennent de la vente directe aux consommateurs, le reste étant généré par des vendeurs tiers présents sur son site.
Le DSA vise essentiellement les intermédiaires comme Zalando, afin de renforcer la réglementation concernant la sécurité et l'authenticité des produits vendus en ligne.
Avec son recours juridique, Zalando met en lumière la validité du système de classification de l'UE au regard de la DSA.
Le litige juridique en cours ouvre un nouveau chapitre dans le paysage juridique numérique, constituant le premier défi important à la refonte ambitieuse du système de gouvernance numérique de l'UE.
En effet, ce drame qui se déroule sera suivi de près par les géants mondiaux de la technologie, dont beaucoup se méfient de plus en plus de l'évolution du cadre réglementaire numérique au sein de l'Union.
L'issue de cette affaire pourrait constituer undent important pour les futurs litiges juridiques contre la législation numérique de l'UE.
En définitive, le verdict de cette affaire historique confirmera soit la législation numérique de l'UE, soit l'obligera à revoir son approche. Quoi qu'il en soit, cette bataille influencera probablement le débat futur sur la réglementation numérique en Europe et au-delà.
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Jai Hamid
Jai Hamid couvre l'actualité des cryptomonnaies, des marchés boursiers, des technologies, de l'économie mondiale et des événements géopolitiques qui influencent les marchés depuis six ans. Elle a collaboré avec des publications spécialisées dans la blockchain, telles que AMB Crypto, Coin Edition et CryptoTale, sur des analyses de marché, des sujets liés aux grandes entreprises, à la réglementation et aux tendances macroéconomiques. Diplômée de la London School of Journalism, elle a également présenté à trois reprises son expertise du marché des cryptomonnaies sur l'une des principales chaînes de télévision africaines.
















