Les femmes iraniennes se soulèvent à nouveau. Cependant, leur lutte pour la liberté est loin d'être sans embûches et demeure semée d'embûches. Depuis la mort récente de Mahsa Amini, une Kurde iranienne, en détention par la police des mœurs, les villes et villages iraniens sont en proie à l'indignation.
Ces manifestations sont devenues l'un des défis les plus importants pour le système politique du pays depuis la Révolution islamique de 1979. Un manifestant anonyme a été condamné à mort, première victime de la répression impitoyable du gouvernement. Mais la mobilisation des femmes en Iran n'est pas nouvelle.
Depuis le début du XXe siècle, les femmes iraniennes sont à l'avant-garde des mouvements de contestation et de réforme politiques. En Iran, la condition féminine constitue un problème politique, culturel et religieux tendu depuis plus d'un siècle. Et bien souvent, les femmes ont réagi en faisant entendre leur voix.
Le gouvernement iranien promet de faire en sorte que les femmes portent le hijab dans deux semaines
Hossein Jalali, membre de la Commission culturelle du Conseil islamique, a fermement prédit que les femmes porteraient à nouveau le hijab dans moins de deux semaines, alors que les manifestations à travers l'État approchent de la fin de leur troisième mois.
Hossein Jalali, député iranien : les comptes bancaires des femmes ne portant pas correctement le hijab seront bientôt bloqués.
— Amin Pouria ممد پوری (@mamadporii) 6 décembre 2022
La République islamique d'Iran, en manque de forces répressives, recourt à de nouvelles tactiques pour faire pression sur les femmes. #مهسا_امینی #MahsaAmini #IranRevolution pic.twitter.com/vWmF2Wy5SB
Un député a déclaré aux médias locaux que l'administration envisageait de nouvelles sanctions pour les femmes ne portant pas le voile en public. Selon ce reportage, les comptes bancaires des femmes qui refuseraient de se conformer à la loi après deux avertissements pourraient être gelés.
Le député est convaincu que cette mesure contribuera à mettre fin aux manifestations dans le pays et que les Iraniennes commenceront à porter le hijab correctement. Jalali estime que les arrestations sont inutiles en cas de non-respect du hijab. Il a proposé d'adresser un avertissement formel aux récidivistes et de geler leurs comptes bancaires en cas de nouvelle infraction.
Ce député a commenté la modification apportée par le gouvernement à l'application du port obligatoire du hijab :
Ce changement de méthode permet désormais d'informer par SMS les personnes ne portant pas le hijab qu'elles n'ont pas respecté la loi. Après cet avertissement, une phase de mise en demeure est mise en place […] et, dans un troisième temps, le compte bancaire de la personne concernée peut être bloqué.
Hossein Jalali
Le contexte financier iranien favorise l'importance des cryptomonnaies
Par le passé, des manifestants et desdentont eu recours aux cryptomonnaies pour continuer d'accéder à des instruments financiers en réaction à des initiatives gouvernementales similaires. Depuis le 17 septembre, date à laquelle une Iranienne nommée Mahsa Amini a été arrêtée par la police des mœurs pour ne pas avoir porté le voile et est décédée dans des circonstances troubles dans un hôpital de Téhéran, des manifestations se poursuivent en Iran.
Actuellement, les Iraniennes se préparent à un blocus financier. Nombre d'entre elles brûlent leur hijab ou refusent de le porter. Ce mouvement s'inscrit dans une lutte plus large visant à contraindre le gouvernement à renoncer à l'obligation du port du hijab.
La menace de bloquer les comptes bancaires des manifestants rappelle les événements survenus au Canada plus tôt cette année. Le 15 février, le Premier ministre Justin Trudeau avait alors invoqué la Loi sur les mesures d'urgence, autorisant les autorités à geler les comptes bancaires des participants aux manifestations du « Convoi de la liberté ».
Après le retrait de la campagne de GoFundMe de la plateforme de protestation, certains manifestants du convoi se sont tournés vers les cryptomonnaies pour financer le mouvement. L'Iran, qui utilise les cryptomonnaies dans ses transactions commerciales internationales depuis le 9 août, développe sa propre monnaie numérique de banque centrale (MNBC), le cryptorial.
Le « rial crypto » devrait conserver sa parité de 1:1 avec la monnaie nationale, le rial. La menace de suspension des comptes bancaires brandie par les autorités pour garantir le respect de cette parité illustre une fois de plus les vulnérabilités liées aux monnaies numériques de banque centrale (MNBC) et à la transition vers cash .
Le Nigeria a interdit les retraits de plus de 45 dollars par jour aux distributeurs automatiques de billets le 6 décembre, dans le but d'inciter la population à utiliser sa monnaie numérique de banque centrale (MNBC), controversée. À l'inverse, les cryptomonnaies décentralisées sont similaires aux cash en ce sens que les autorités ne peuvent pas contrôler leurs transactions.
L'animateur de la populaire série YouTube Wall Street Silver, critique des monnaies numériques de banque centrale (CBDC), a tweeté le 6 décembre que l'idée que les gouvernements puissent avoir un contrôle illimité sur votre argent est effrayante.
L'Iran s'est tourné vers les cryptomonnaies en réaction aux sanctions occidentales. Les autorités estiment que ce projet pourrait considérablement renforcer leur contrôle sur la monnaie nationale et ses utilisateurs, tout en offrant de nouvelles opportunités aux acteurs financiers. De même que le gouvernement iranien a trouvé un refuge dans les cryptomonnaies, les femmes iraniennes y trouveront également leur compte.
J'espère que les femmes iraniennes trouveront leur liberté, de se voiler ou non, d'être musulmanes ou non. Et si elles choisissent de cacher leurs cheveux, j'espère que si un jour une mèche rebelle apparaît, aucune police des mœurs ne leur ôtera la vie.
L'Iran