Steve Burns, ancien fondateur, président et PDG de Lordstown Motors, a conclu un accord avec la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine concernant des allégations de tromperie envers les investisseurs quant à la demande pour le pick-up tout électrique Endurance de l'entreprise. Aux termes de cet accord, déposé auprès du tribunal de district des États-Unis pour le district de Columbia, M. Burns devra payer une amende civile de 175 000 dollars et sera interdit d'exercer des fonctions de dirigeant ou d'administrateur d'une société cotée en bourse pendant deux ans.
L'ancien patron de Lordstown Motors règle un procès contre la SEC
L'enquête de la SEC sur Lordstown Motors a débuté en février 2024, lorsque l'entreprise a été accusée d'avoir présenté de manière trompeuse les perspectives de vente de son pick-up électrique Endurance. En réponse, Lordstown Motors a accepté de verser 25,5 millions de dollars pour clore l'affaire. Cet accord a marqué une étape importante dans le parcours tumultueux de Lordstown Motors au sein de l'industrie des véhicules électriques.
Fondée en avril 2019, la société Lordstown Motors est issue de la précédente entreprise de Burns, Workhorse Group. Elle est entrée en bourse l'année suivante par le biais d'une fusion avec DiamondPeak Holdings Corp., une société d'acquisition à vocation spécifique (SPAC), qui valorisait Lordstown Motors à 1,6 milliard de dollars. Cette opération atracde lever 780 millions de dollars auprès d'investisseurs, Lordstown Motors ambitionnant de devenir un acteur majeur du marché des véhicules électriques.
À l'instar de nombreuses autres start-ups de véhicules électriques entrées en bourse en 2020 par le biais de fusions avec des SPAC (Special Purpose Acquisition Companies), Lordstown Motors a initialement connu une forte hausse de son cours de bourse. Toutefois, cet optimisme fut de courte durée, l'entreprise rencontrant des difficultés pour augmenter sa production et atteindre ses objectifs de vente. Malgré l'obtention d'investissements et de partenariats, notamment le soutien de General Motors (GM) et l'acquisition auprès de GM d'une importante usine d'assemblage à Lordstown, dans l'Ohio, Lordstown Motors a rencontré des obstacles dans la réalisation de ses objectifs.
Défis et controverses dans l'industrie des véhicules électriques
Un moment charnière pour Lordstown Motors fut en juin 2020, lors du dévoilement en grande pompe de son pick-up électrique Endurance, en présence notamment de l'ancien vice-dent Mike Pence. À cette occasion, Burns annonça un nombre impressionnant de précommandes, faisant état de 20 000 commandes pour le véhicule. Cependant, des enquêtes ultérieures révélèrent des incohérences dans ces chiffres, le cabinet d'analyse Hindenburg Research contestant la demande réelle pour ce modèle.
En juin 2021, Burns et d'autres dirigeants ont démissionné de Lordstown Motors face à la surveillance accrue et aux enquêtes réglementaires. L'enquête de la SEC a révélé que Lordstown Motors et Burns avaient fait des déclarations trompeuses concernant la demande pour le camion Endurance, notamment en surestimant les précommandes des clients de flottes commerciales. Cette présentation erronée a donné une image inexacte de la demande réelle et a contribué à la confusion des investisseurs.
Suite à ces révélations, Lordstown Motors a dû faire face à des difficultés persistantes et a finalement déposé une demande de mise en faillite en vertu du chapitre 11. Malgré cette faillite, l'entreprise a émergé sous un nouveau nom, Nu Ride Inc., et s'est recentrée sur les poursuites judiciaires contre Foxconn, l'accusant d'avoir nui à ses activités. L'accord conclu avec la SEC rappelle l'importance du contrôle réglementaire et les conséquences auxquelles sont confrontées les entreprises et leurs dirigeants dans le secteur dynamique et concurrentiel des véhicules électriques.

