Comme je l'ai indiqué hier, le géant bancaire américain JPMorgan Chase & Co a acquis First Republic Bank, un établissement de crédit basé à San Francisco, suite à sa saisie par les autorités de réglementation.
L’approbation de cet accord, autrefois considérée comme impensable en raison de la stigmatisation des « trop grosses pour faire faillite » datant de 2008, indique un changement potentiel de la position réglementaire alors que les banques sont aux prises avec les défis d’une économie qui se détériore.
Le PDG de JPMorgan, Jamie Dimon, estime que cette acquisition pourrait être le début d'une consolidation accrue au sein du secteur bancaire, avec des fusions entre les grandes banques régionales pour mieux concurrencer les géants bancaires, et des rachats d'établissements de crédit de petite et moyenne taille à mesure que les clients se tournent vers les grandes institutions.
Période de consolidation à l'horizon
Divers facteurs ont contribué à la conjoncture actuelle, susceptible d'entraîner une consolidation accrue du secteur. De nombreuses banques, dont une part importante des dépôts n'est pas assurée, subissent des pressions, leurs clients recherchant la sécurité, ce qui les contraint à lever des capitaux.
Par ailleurs, les réglementations coûteuses découlant de la crise récente pourraient peser davantage sur les résultats financiers des banques, les incitant à envisager des fusions. La récession imminente et la hausse des défauts de paiement sur le marché de l'immobilier commercial, conjuguées à la baisse des profits, pourraient également favoriser les rapprochements.
Dan Goerlich, associé chez PwC spécialisé dans les transactions financières américaines, a déclaré : « De nombreux signes indiquent que la période de consolidation ne fait que commencer. »
Les États-Unis comptent actuellement plus de 4 700 banques, mais Greg Hertrich, responsable des stratégies de dépôt américaines chez Nomura, prévoit que seulement la moitié de ces institutions survivront à la prochaine décennie.
Obstacles réglementaires et préoccupations antitrust
Toutefois, on ignore encore dans quelle mesure les autorités réglementaires autoriseront les banques, notamment les plus grandes, à procéder à des fusions en dehors des situations de crise.
L'administration Biden a exprimé des inquiétudes quant aux problèmes de concurrence que pourraient engendrer de telles transactions, ce qui a entraîné le blocage de certaines opérations bancaires pendant des mois, dans l'attente d'approbations.
Dans le cas de Silicon Valley Bank et de Signature Bank, les deux banques ont fermé leurs portes en mars sans repreneur, une décision qui, selon certains analystes et investisseurs, a alimenté la période la plus turbulente du secteur bancaire depuis la crise de 2008.
Le cas de la First Republic témoigne toutefois d'une évolution dans la réflexion réglementaire. La banque a eu la possibilité de rechercher une solution privée à son problème pendant plusieurs semaines avant sa faillite. Les autorités de régulation sont alors intervenues pour vendre aux enchères les actifs de la banque en un week-end.
Les analystes de Jefferies soulignent que l'accord conclu lundi démontre que les grandes banques, disposant de ressources financières plus importantes, sont mieux placées que les établissements de taille moyenne. Ils écrivent : « Cela a peut-être empêché d'autres banques régionales candidates à l'acquisition de réaliser une opération aussi avantageuse que celle de JPM. »
Le rachat de First Republic par JPMorgan alimente les attentes concernant MA