Selon Oswald Gruebel, l'un des hommes d'affaires les plus influents de Suisse, la monnaie fiduciaire ne vaut rien compte tenu des taux d'intérêt négatifs qu'elletrac.
Le monde impitoyable des cryptomonnaies inquiète de nombreux gouvernements à travers le monde depuis quelque temps. Lorsque Bitcoin a fait son apparition il y a une dizaine d'années, personne n'imaginait qu'il inciterait les banques centrales à se réunir pour débattre de l'avenir des monnaies fiduciaires et de l'impact réel des devises traditionnelles face à l'avènement des cryptomonnaies.
Au cours de sa carrière, Gruebel a dirigé avec succès deux des plus grandes banques suisses, le Crédit Suisse et le groupe UBS. Son avis est donc très prisé, notamment pour déterminer la valeur des monnaies fiduciaires aujourd'hui.
La monnaie fiduciaire est obsolète, Gruebel
Lors d'un récent entretien avec le quotidien suisse NZZ am Sonntag, Gruebel a fait remarquer que la monnaie fiduciaire n'a plus la même valeur qu'auparavant, les taux d'intérêt négatifs incitant les particuliers à se tourner vers d'autres solutions. Il affirme que le secteur financier n'a aucun avenir tant que les taux d'intérêt négatifs persisteront.
Tout a commencé en 2015 lorsque la Banque nationale suisse a imposé des taux d'intérêt négatifs pour limiter l'appréciation du franc, affirmant de surcroît que c'était, en réalité, dans le meilleur intérêt de l'économie du pays.
Cependant, cela n'a pas vraiment fonctionné, car les banques du monde entier souffrent. Credit Suisse facture à ses clients fortunés une protection contre l'effet négatif des taux d'intérêt sur les institutions financières.
Gruebel estime par ailleurs que la Suisse, autrefois haut lieu de la finance, se retrouve aujourd'hui en proie à des scandales retentissants, dont l'un implique directement le Crédit Suisse. Selon lui, les médias étrangers saisissent la moindre occasion pour mettre en lumière les dysfonctionnements, car rien n'est pire qu'une réputation ternie.
Les propos de Gruebel font écho aux inquiétudes des experts financiers du monde entier qui s'interrogent sur la possible disparition imminente de la monnaie fiduciaire. Sans parler de la concurrence acharnée que se livrent les banques centrales pour baisser les taux d'intérêt, ce qui, en fin de compte, incite les gens à épargner moins et à consommer davantage.
Par conséquent, la Suisse a su s'adapter à l'essor des cryptomonnaies et s'est imposée comme une plaque tournante mondiale de la blockchain et des cryptomonnaies. Elle abrite notamment le projet le plus médiatisé du monde des cryptomonnaies : Facebook Libra.
L'argent fiduciaire, qu'est-ce que c'est ?