L'économie britannique se prépare à une année difficile, selon un récent sondage du Financial Times auprès d'économistes de renom. Malgré quelques indicateurs positifs, comme la hausse des salaires, le consensus général s'oriente vers une période de difficultés économiques pour le Royaume-Uni . Les experts prévoient que la crise persistante du coût de la vie, conjuguée à d'autres facteurs économiques, entraînera une année inégale et potentiellement morose pour l'économie britannique.
L'enquête, qui a recueilli les avis de 90 économistes britanniques de renom, suggère que malgré une baisse prévue de l'inflation, les électeurs britanniques ne devraient pas constater d'amélioration significative de leur niveau de vie avant les prochaines élections générales. La persistance de prix élevés, conséquence de la précédente flambée inflationniste, signifie que même une légère augmentation des salaires en 2024 ne suffira probablement pas à dissiper le climat morose qui règne chez de nombreux Britanniques.
L’impact inégal sur les ménages britanniques
Les perspectives économiques du Royaume-Uni devraient être inégalement réparties au sein de sa population. Si les personnes à bas revenus bénéficieront d'une hausse substantielle du salaire minimum et les retraités continueront de enjde taux d'épargne avantageux, d'autres seront moins chanceux. Les locataires et environ 1,5 à 2 millions de ménages renouvelant leur prêt immobilier devraient faire face à des coûts nettement plus élevés. Cette disparité des situations économiques devrait remplacer la compression généralisée du coût de la vie observée ces 18 derniers mois.
Matt Whittaker, directeur de l'association caritative Pro Bono Economics, a souligné le fossé qui se profile : certains ménages pourraient commencer à se redresser financièrement, tandis que d'autres continueront de rencontrer des difficultés. Cette reprise inégale brosse un tableau complexe de la situation économique du Royaume-Uni en 2024.
Croissance stagnante et défis croissants
La croissance globale de l'économie britannique est une autre source d'inquiétude. Presque tous lesdentà l'enquête du Financial Times anticipent une croissance stagnante ou une faible augmentation, de l'ordre de 0,5 %, en 2024. Cependant, un élément positif se dessine : l'inflation, principal problème de 2023, devrait commencer à se résorber.
Le chancelier de l'Échiquier, Jeremy Hunt, s'est montré optimiste quant à l'économie britannique, prévoyant que 2024 serait l'année où le Royaume-Uni « se débarrasserait de son pessimisme et de son déclin ». Cet optimisme est conforté par l'introduction de réductions des cotisations sociales et par d'éventuelles nouvelles baisses d'impôts dans le budget de mars. Cependant, les experts avertissent qu'il pourrait ne pas y avoir suffisamment de temps, même si le Premier ministre Rishi Sunak reportait les élections à janvier 2025, pour réparer pleinement les dégâts causés au niveau de vie ces dernières années.
Les économistes prévoient que, malgré une possible hausse des salaires réels, d'autres facteurs tels que la progression du chômage, la pression fiscale et l'augmentation des loyers et des taux d'intérêt hypothécaires viendront contrebalancer tout optimisme anticipé avant les élections. Ces conditions devraient entraîner une stagnation du niveau de vie pour la plupart des citoyens britanniques durant la durée du mandat parlementaire.
Malgré des données encourageantes récentes, la plupart desdentinterrogées estiment que l'inflation devrait atteindre un niveau « raisonnable » ou « acceptable » d'ici fin 2024, l'objectif de 2 % fixé par la Banque d'Angleterre étant proche de l'atteindre, mais pas encore. On s'attend à ce que la Banque d'Angleterre ne réduise ses taux d'intérêt que progressivement à partir du milieu de l'année, les marchés anticipant une baisse de 5,25 % à 3,75 % d'ici la fin de l'année.
Les personnes interrogéesdentsouligné que les disparités de situation individuelle seront plus marquées au cours de l'année à venir qu'en 2023. Les propriétaires, les salariés à bas salaires et les retraités disposant d'une épargne importante devraient être dans une meilleure situation, tandis que les locataires signant de nouveauxtracet les ménages renouvelant leurs prêts hypothécaires à taux fixe pourraient rencontrer davantage de difficultés. La fin des aides publiques pour les factures d'énergie en mars et la hausse de la pression fiscale due au gel des seuils d'imposition sur le revenu sont autant de facteurs qui contribuent à ces perspectives moroses.
Les perspectives économiques du Royaume-Uni pour 2024 sont donc assombries par l'incertitude et les défis. Malgré quelques lueurs d'espoir, le tableau général est celui d'une croissance lente, d'une hausse du coût de la vie et d'une possible augmentation du chômage. La stabilité économique du pays dépendra d'une multitude de facteurs, notamment les politiques gouvernementales, les taux d'inflation et la conjoncture économique mondiale. Face à ces turbulences, la nécessité d'une planification économique stratégique et de politiques résilientes est plus cruciale que jamais.

