Mars a marqué un tournant décisif pour l'Égypte, qui a opéré une matic , passant du bord du gouffre économique à un attrait majeur pour les investisseurs en quête de marchés émergents. Le passage du pays du chaos à la stabilité a été véritablement palpitant, notamment grâce à un accord touristique historique de 35 milliards de dollars avec les Émirats arabes unis. Cet accord, historique en matière d'investissements étrangers pour l'Égypte, a apporté au pays des rentrées de dollars indispensables, ouvrant la voie à des ajustements de politique monétaire sans précédent dent renforçant le soutien de certaines des plus grandes institutions financières mondiales.
La racine de la crise
La santé financière de l'Égypte repose depuis longtemps sur quelques sources de devises étrangères : ses exportations d'énergie, les recettes du tourisme, les droits de passage du canal de Suez et les transferts de fonds des Égyptiens travaillant à l'étranger. Cependant, cette dépendance à un flux de revenus restreint, conjuguée à des difficultés internes telles que le sous-investissement dans les industries locales et les accusations de concurrence déloyale de la part d'entreprises liées à l'armée, a freiné les investissements étrangers à plus grande échelle.
La situation a été encore aggravée par la dévaluation rapide de la livre égyptienne en 2022, qui, conjuguée à une inflation galopante, a menacé la stabilité économique d'un pays où une grande partie de la population dépend des subventions publiques pour les biens de première nécessité. La pénurie de dollars, le développement d'un marché noir des changes et les menaces extérieures, telles que les attaques contre la navigation en mer Rouge, ont encore compliqué la situation, poussant l'économie du pays au bord du gouffre.
La stratégie de redressement
L'investissement des Émirats arabes unis dans la transformation de Ras El-Hekma en paradis touristique a radicalement changé la donne pour l'Égypte. Cette initiative a renforcé la confiance dans les perspectives économiques du pays et a également conduit à une série de décisions financières audacieuses, notamment une forte hausse des taux d'intérêt et l'adoption d'une politique de change plus flexible, conformément aux recommandations du Fonds monétaire international (FMI).
La livre égyptienne a subi une forte baisse, mais cette mesure stratégique visait à corriger les déséquilibres du marché et à rétablir la confiance des investisseurs. Le FMI a réagi positivement en augmentant son soutien financier, ce qui, conjugué à l'aide supplémentaire de l'Union européenne et de la Banque mondiale, a marqué le début d'une nouvelle ère de soutien international pour l'Égypte.
Les investisseurs étrangers, flairant une opportunité, se sont précipités sur les obligations égyptiennes, attirés par la perspective de rendements élevés malgré les risques inhérents à de tels placements à court terme. Cet afflux de capitaux témoignait de la confiance accordée aux réformes immédiates entreprises par l'Égypte, même si les engagements à long terme restaient prudents, dans l'attente de preuves supplémentaires d'une reprise économique durable et d'une stabilité politique.
Cette crise et les efforts de relance qui ont suivi s'inscrivent dans le contexte de l'histoire économique de l'Égypte après le Printemps arabe. Les tentatives du gouvernement pour revitaliser l'économie grâce à d'ambitieux projets d'infrastructure ont donné des résultats mitigés, et le poids du service de la dette s'est considérablement alourdi.

