Un récent rapport de Cryptopolitan sur la réglementation mondiale révèle que la supervision des cryptomonnaies s'est intensifiée en 2025. Ce qui n'était autrefois qu'un ensemble disparate de programmes pilotes et de mesures d'application ponctuelles se structure progressivement. Toutefois, un cadre mondial unifié semble encore hors de portée.
Le rapport Cryptopolitan s'appuie sur l'évolution de la situation en temps réel dans plus de 20 juridictions et souligne comment la politique relative aux actifs numériques est de plus en plus influencée par la coopération transfrontalière et la dynamique institutionnelle. Il aborde l'adoption institutionnelle et les principaux précédents juridiques internationaux dent Toutefois, la réglementation s'est accélérée après la volonté de Donald Trump de miser pleinement sur les cryptomonnaies.
Les pays définissent plus clairement les critères d'inclusion et d'exclusion, ainsi que les conditions de ces inclusions. Il en résulte une carte du monde divisée en trois grandes zones : favorable, restrictive et indécise. Les entreprises du secteur des cryptomonnaies s'adaptent néanmoins rapidement.
Les chiffres révèlent une partie du problème : en avril, seulement 40 juridictions sur 138 respectaient les normes du GAFI. Ce chiffre est en légère hausse par rapport à l’année dernière, mais reste très loin d’une harmonisation mondiale. Malgré un renforcement rapide des mesures de contrôle, les flux illicites de cryptomonnaies ont dépassé 51 milliards de dollars en 2024. Le piratage de ByBit en février, apparemment lié à la Corée du Nord, a permis de dérober 1,5 milliard de dollars, ce qui constituerait à ce jour le plus important vol de cryptomonnaies jamais enregistré.
Mais la réglementation ne se résume pas à la répression ; elle vise aussi à dynamiser le secteur. En Europe, la loi MiCA est entrée en vigueur et les volumes de cryptomonnaies dans l'UE ont bondi de 70 % au premier trimestre. L'octroi des licences a constitué un point de blocage, avec environ 45 % des demandes rejetées, mais le cadre réglementaire porte ses fruits. Ailleurs, les investisseurs privilégient les réglementations les plus favorables. Le fonds MGX des Émirats arabes unis a injecté 2 milliards de dollars dans Binance cette année, et les investissements mondiaux en capital-risque dans les cryptomonnaies ont atteint 4,8 milliards de dollars au premier trimestre, un niveau record depuis 2022.

Les institutions s'y intéressent de plus en plus. Le rapport Cryptopolitan mentionne une enquête montrant que 83 % des entreprises prévoient d'accroître leur exposition aux cryptomonnaies cette année. Par ailleurs, 76 % envisagent d'investir dans des actifs tokenisés d'ici 2026.
L'essor des monnaies numériques de banque centrale (MNBC) se poursuit. Dix-huit des vingt pays du G20 expérimentent actuellement des MNBC. Ce modèle permet aux jetons émis par les États de coexister avec les stablecoins réglementés, au sein d'une double monnaie favorisant la finance programmable.
En attendant, les entreprises du secteur des cryptomonnaies s'adaptent plutôt que d'attendre une harmonisation mondiale. Elles mettent en place des structures juridiques modulaires, par exemple en centralisant la conservation des actifs dans un pays, les transactions dans un autre et le développement des protocoles ailleurs. Il s'agit d'une solution de contournement, mais elle tend à devenir la norme dans le secteur. Cette fragmentation juridique influence désormais la croissance du marché, son implantation et la structure des flux de capitaux.
Peut-on assister à l'avènement de l'ère des essais et erreurs pour les cryptomonnaies ?
Les pays qui parviennent à maintenir un juste équilibre entre des règles évolutives, des licences claires et une certaine ouverture aux accords transfrontaliers attirent les capitaux, les infrastructures et les talents.
Par exemple, les États-Unis semblent être en tête, mais la réglementation des cryptomonnaies reste fragmentée. D'importants projets de loi sont bloqués au Congrès. Avant le ralentissement actuel, les organismes de surveillance comme la SEC et la CFTC s'appuyaient sur la répression. Les victoires juridiques de la commission contre Ripple (partiellement), Coinbase et Kraken ont contraint plusieurs entreprises à délocaliser leur production. C'est le cas notamment de Gemini et Bitstamp.
Face à tous ces obstacles réglementaires, de grandes questions se posent : DeFi peut-elle survivre à un contrôle plus strict ? Ou les monnaies numériques de banque centrale (MNBC) vont-elles supplanter les réseaux ouverts ? Comment les organisations autonomes décentralisées (DAO) seront-elles traitées au regard du droit fiscal et du droit des valeurs mobilières ? Et bien d’autres encore.
Les investisseurs et les principaux acteurs du marché ont manifesté leur intérêt à investir si la réglementation est claire. Bitcoin qui a atteint un nouveau record historique à plus de 123 000 $ et dont la capitalisation boursière cumulée du marché des cryptomonnaies frôle les 4 000 milliards de dollars, en est une parfaite illustration.
En résumé, la réglementation des cryptomonnaies en 2025 ne sera plus un ensemble disparate de politiques empiriques. À mesure que la coordination mondiale s'améliorera et que les environnements de test réglementaires gagneront en maturité, il est probable que deux systèmes émergent. L'un pourrait s'appuyer sur les monnaies numériques de banque centrale, et l'autre sur des écosystèmes tokenisés conformes à la réglementation.

