Le Brésil pourrait être le prochain pays à légaliser le versement des salaires en Bitcoin, suite à l'examen d'un projet de loi en ce sens par le Congrès national. Selon certaines sources, ce texte autoriserait les salariés à percevoir leurs salaires et autres rémunérations en Bitcoin et autres actifs numériques.
Le projet de loi a été rédigé et déposé par Luiz Philippe, homme politique de premier plan d'Orléans-Bragance. Il y demande au Congrès national d'examiner la possibilité de réglementer le versement des salaires en actifs numériques. « Réglementation du versement des salaires, rémunérations et avantages sociaux au moyen d'actifs virtuels », peut-on lire dans un extrait du texte.
Conformément à la procédure législative habituelle au Brésil, le projet de loi sera d'abord examiné par la Chambre des députés. S'il est approuvé à la majorité en séance plénière, il sera transmis au Sénat fédéral pour évaluation. La loi brésilienne n° 14.478/2022 qualifie Bitcoin et les autres actifs numériques d'« actifs virtuels », ce qui signifie que la nouvelle proposition utilisera la même terminologie pour réglementer les activités liées au travail.
Dans le projet de loi, Philippe indique que les entreprises doivent fournir des relevés de paiement détaillés et proposer une formation financière aux salariés souhaitant percevoir leur salaire en actifs numériques. Il ajoute qu'elles doivent aborder des notions telles que la volatilité des marchés et la sécurité des transactions. Le projet prévoit également que les charges sociales et les cotisations patronales soient calculées sur la base de la rémunération totale exprimée en reais.
Le Congrès national brésilien va examiner une nouvelle loi favorable aux cryptomonnaies
Selon le média local Livecoins , Philippe a déposé une proposition de loi au Congrès national le 14 mars, demandant aux parlementaires de modifier la réglementation. D'après cette proposition, les travailleurs devraient pouvoir percevoir au moins 50 % de leur salaire et autres avantages en Bitcoin et autres actifs numériques, s'ils le souhaitent.

Il est important de noter que le projet de loi n'impose pas l'acceptation Bitcoin , mais offre un cadre légal auxdenttravaillant dans le pays et souhaitant se familiariser avec cette technologie en plein essor. Selon ce projet de loi, les paiements en actifs numériques doivent intervenir après accord entre le salarié et l'employeur. Cela signifie que les deux parties peuvent décider de mettre fin à l'utilisation de ce mode de paiement à tout moment.
Une disposition intéressante du projet de loi stipule que 50 % de la facture doit rester en réaux brésiliens afin de préserver l'utilité de la monnaie nationale. Cependant, selon la loi supervisée par la Banque centrale du Brésil, ce projet de loi ne s'appliquera pas aux travailleurs indépendants, aux expatriés ni aux auto-entrepreneurs. Cela s'explique probablement par le fait qu'ils sont libres de choisir leur mode de paiement, la plupart d'entre eux optant pour les cryptomonnaies.
Philippe soutient le projet de loi visant à renforcer la compétitivité des actifs numériques
Selon Philippe, ce projet de loi permettra au Brésil de renforcer sa position de plaque tournante mondiale des actifs numériques, alors que les pays du monde entier encouragent l'adoption de cette technologie. Il a également souligné qu'un autre avantage serait d'tracles investissements étrangers dans le pays, tout en offrant aux travailleurs la liberté de choisir les options qui leur conviennent en matière de droits du travail.
Parallèlement, cette proposition témoigne d'une volonté plus générale d'ouvrir le marché des actifs numériques au Brésil . Ce pays d'Amérique du Sud s'enorgueillit de son cadre réglementaire clair, qui garantit un environnement sûr et sécurisé pour les particuliers et les entreprises du secteur des cryptomonnaies. À titre d'exemple, la plateforme d'échange de cryptomonnaies Binance a annoncé son expansion au Brésil en début d'année, devenant ainsi la première plateforme à obtenir une licence de courtier.
Il convient de noter que le Brésil n'est pas le premier pays à envisager cette approche, un parlementaire argentin ayant déjà présenté une proposition similaire en 2021. Selon l'auteur du projet de loi, José Luis Ramón, cette initiative permettrait aux salariés de préserver leur pouvoir d'achat tout en renforçant leur indépendance financière.
« J’ai présenté un projet de loi visant à donner aux travailleurs la possibilité de recevoir la totalité ou une partie de leur salaire en Bitcoin ou autres cryptomonnaies. L’idée est qu’ils puissent renforcer leur autonomie et préserver le pouvoir d’achat de leur rémunération », avait-il déclaré à l’époque.

