Les entreprises canadiennes préparent leurs plans d'embauche pour 2024, et une compétence se distingue comme prioritaire : l'intelligence artificielle (IA). Les acteurs du secteur technologique canadien soulignent le besoin crucial de trouver des personnes capables de développer des produits basés sur l'IA ou d'utiliser l'IA pour améliorer l'efficacité opérationnelle. Cette forte demande est alimentée par la course mondiale croissante pour exploiter la puissance de l'IA.
Jenny Yang, conseillère principale au pôle d'innovation MaRS de Toronto, souligne l'importance des compétences en IA sur le marché du travail actuel. Elle indique que les entreprises recherchent activement des candidats possédant une expertise en utilisation de l'IA, que ce soit pour la mise en œuvre de chatbots comme ChatGPT ou pour le développement de produits d'IA.
La diversité des offres d'emploi témoigne de l'essor de l'IA
Les offres d'emploi dans divers secteurs témoignent de l'essor des postes liés à l'IA. Par exemple, Porter Airlines a récemment recherché un ingénieur en IA à Toronto pour s'attaquer à des problèmes complexes, tandis que le géant pharmaceutique Johnson & Johnson souhaitait recruter un data scientist senior pour rester à la pointe de l'intelligence artificielle. De plus, Keurig Dr Pepper Canada cherchait à embaucher un data scientist junior à Montréal, spécialisé en intelligence artificielle.
Nombre de ces postes sont axés sur l'IA générative, une branche de l'apprentissage automatique capable de produire du texte, des images et d'autres contenus. La popularité de l'IA générative a explosé depuis le lancement de ChatGPT en novembre 2022. Ce chatbot novateur a incité des géants de la technologie comme Google et Microsoft à intensifier leurs efforts en matière d'IA, encourageant ainsi des entreprises de toutes tailles à explorer le potentiel transformateur de cette technologie.
L'influence croissante de l'IA générative dans les offres d'emploi
En effet, un site de recherche d'emploi a indiqué que l'IA générative était mentionnée dans 0,07 % des offres d'emploi canadiennes à la fin novembre. Plus précisément, 17 % des offres d'ingénieurs en apprentissage automatique et 5 % des offres de data scientists faisaient spécifiquement référence à l'IA générative. Brendon Bernard, économiste senior chez Indeed, prévoit que la présence de l'IA générative dans les offres d'emploi continuera de croître et de s'étendre à des rôles plus diversifiés.
Alik Sokolov, cofondateur et PDG de Responsibli, une entreprise montréalaise spécialisée en IA, constate une évolution des critères de recrutement à mesure que les entreprises adoptent l'IA. Il remarque que les data scientists possédant des compétences en IA sont de plus en plus recherchés, mais que même les ingénieurs logiciels traditionnels sont désormais censés maîtriser les outils d'IA, grâce à l'amélioration des ressources disponibles.
Sokolov souligne que les candidats n'ont plus besoin d'être des data scientists de recherche chevronnés titulaires d'un doctorat, ce qui reflète l'évolution des rôles dans le domaine de l'IA. Cette évolution démocratise le développement de l'IA et permet à des professionnels de divers horizons de contribuer aux projets d'IA.
Tendances futures du recrutement en IA
Rob Toews, associé du fonds de capital-risque Radical Ventures, spécialisé dans l'IA, prédit que les responsables de l'IA deviendront incontournables dans les grandes entreprises en 2024. Par ailleurs, on observe un intérêt croissant pour les « propulseurs », des professionnels formés pour donner des instructions aux systèmes d'IA afin d'obtenir les réponses souhaitées. Cependant, Sokolov et Yang estiment que ces emplois de propulseurs pourraient être éphémères, car des personnes d'horizons divers peuvent facilement être formées à intégrer cette fonction à leur travail.
Sokolov souligne que Responsibli ne recherche pas d'ingénieurs spécialisés en ingénierie de la rapidité à temps plein, mais souhaite que cette compétence devienne partagée par tous les employés, à des degrés divers. Son entreprise recrute actuellement un vice-présidentdent de l'IA pour gérer les risques technologiques, ainsi que plusieurs data scientists qui se verront confier des responsabilités en matière d'ingénierie de la rapidité.
La place du Canada dans le paysage de l'IA
Le Canada est reconnu depuis longtemps comme un chef de file dans le domaine de l'IA. Une étude de Deloitte publiée en septembre révèle que le Canada se classe au troisième rang des pays du G7 en matière d'investissements de capital de risque par habitant dans l'IA, derrière les États-Unis et le Royaume-Uni. De plus, selon ce rapport, le Canada affiche le taux de croissance annuel moyen le plus élevé sur cinq ans en ce qui concerne la concentration des talents en IA parmi les pays du G7.
Malgré l'excellence du Canada en intelligence artificielle, on observe une fuite des cerveaux notable : les meilleurs spécialistes des données s'installent aux États-Unis, attirés par des incitations financières plus intéressantes et un plus large éventail de possibilités. Des géants de la technologie comme Amazon sont prêts à payer jusqu'à 500 000 $ par an aux meilleurs spécialistes des données en IA.
Au Canada, la demande de compétences en intelligence artificielle est en pleine croissance, les entreprises de divers secteurs recherchant des talents capables d'exploiter les capacités de cette technologie. Cette tendance transforme le marché du travail et fait des compétences en IA un atout précieux pour les professionnels de différents domaines. L'IA jouant un rôle de plus en plus central dans les affaires et l'innovation, les candidats possédant une expertise en IA resteront très recherchés.

